Liste des Ghosts Towns mentionnée ci-dessous

South Pass City, Superior, Kane, Carbon, Atlantic City, Gebo, Lonetree, Rambler,

Marquette, Cumberland, Carter, Tubb, Town,Bosler Bonanza, Bryan et Arminto.


Tubb Town (14/12/2025)

Une ville éphémère de mon Wyoming disparue, mais que personne n'oublie.

Déjà elle avait plusieurs noms, Tubb Town, Field City ou Tibville.

Dans les années 1880, le chemin de fer poursuit son expansion vers l'Ouest, traversant le Nebraska et le Dakota avant d'arriver dans le territoire du Wyoming et de continuer vers le Montana.

Les voie ferrées devaient passer dans le comté de Weston, par Newcastle ou Cambria ou du charbon a été trouvé.

Nous connaissons l'histoire, c'est Newcastle qui sera choisi à long terme.

C'est ainsi que la ville turbulente de Tubb Town à vue le jour, fondée par Delos Dewitt Tubbs à 2 miles au Nord/Est de Newcastle.

Delos Dewitt Tubbs est né à Western, dans l'État de New York, en 1849 et vécu dans le Sud Dakota durant une décennie, à Custer, puis à Dudley. Il a épousé Lelia Fredricka Green en 1876 et eurent 3 enfants un fils et 2 filles.

C'est l'appât du gain qui l'attire dans la région ou il compte créé sa propre ville pour l'arrivé du train.

Il tenait déjà un magasin à Custer, et apprenant la nouvelle du chemin de fer, il se dit qu'il passera par Newcastle. Il déménage en 1889 et s'installe sur les rives de Salt Creek ou il monte son magasin, proche de l'ancien relais de diligence près de Jenney Stockade.

Il n'est pas seul, d’autres personnes l'ont suivi, espérant récolter de riches récompenses lorsque le chemin de fer atteindrait cet endroit. Au départ, il n'y avait que le magasin de Delos, mais F.R. Curran arrive, lui aussi de Custer, et ouvre rapidement un saloon. Il exploitait un saloon et un établissement de jeux à Custer et décida d'étendre ses activités au territoire du Wyoming.

F.R. Curran disait "Un magasin, c’est bien beau, mais pour qu’une ville soit permanente, il fallait un saloon. Les gens s’arrêtent au magasin et repartent. S’il y avait un saloon, en revanche, ils s’y attardent.

Pour ne pas perdre de temps, il a tout de suite commencé à servir directement dans la rue, puis sous une tente avant de construire son saloon avec murs et toit.

La promesse d'une gare ferroviaire attira toutes sortes de personnages et des individus peu recommandables firent leur apparition.

En juillet 1889, on y trouvait en plus 2 épiceries, 2 restaurants, des saloons avec salle de danse, des bordels, une écurie, une blanchisserie chinoise et une laiterie, ce qui attire les cheminots, les voyageurs.

Le fondateur de la ville, DeLoss Dewitt Tubbs, choisit le nom de Field City pour la nouvelle colonie. Mais tous les habitants, à l'exception de Tubbs lui-même, l'appelèrent Tubb Town en son honneur. De plus, des forages pétroliers furent entrepris dans la région, ce qui attire encore plus de monde.

Première anecdote; Même les habitants de Whoop-Up, une autre nouvelle ville ferroviaire voisine, délaissent leur ville et s'installent à Tubb Town, s'attendant à ce qu'elle devienne une grande ville. L'emplacement précis de Whoop-up demeure inconnu. Surtout qu'en 1899, la MW Cattle Company construisit un barrage et un réservoir d'eau sur le ruisseau Whoop-Up. Un an plus tard, le barrage céda et tout fut emporté. Il est donc possible que le site de Whoop-up ait été détruit soit par la mise en eau du réservoir, soit par l'inondation qui suivit. 

Un règlement municipal de Tubb Town stipulait que tous les étrangers devaient payer un péage suffisant pour être accepté ou de payé des verres aux saloons.

En août, un journal fait son apparition, le Field City Journal, une école du dimanche presbytérienne fut ouverte, un pharmacien etc. Il y avait un sheriff, qui était débordé, par les bagarres d'ivrognes et le shérif adjoint Swisher était épuisé à force d'essayer de les arrêter. Les troubles était dû à une rivalité violente entre ouvriers agricoles, mineurs et cheminots.

Etant a bout, il finit par abandonner et lança aux ivrognes de se battre autant qu'ils le voulaient, mais qu'il abattrait le premier qui tenterait de sortir une arme.

La fin rapide de Tubb Town.

La compagnie ferroviaire tentait de négocier avec le LAK ranch et Joseph Spencer, propriétaire du ranch, afin de le convaincre de vendre une partie de ses terres pour faire place à la voie ferrée.

Spencer refusa de vendre son bien au prix proposé par la compagnie ferroviaire et ne parvenant pas à un accord, la compagnie de chemin de fer Chicago, Burlington et Quincy (CBQ) annonça le 1er septembre 1889 qu'elle ne passerait pas par Tubb Town et a fait dévier ses voies ferrées en contournant le LAK ranch et ainsi éviter Tubb Town pour aller directement à Newcastle.

De plus, depuis le 10 septembre 1889, les premiers lots de la nouvelle ville de Newcastle étaient vendus, et en moins de 48 heures, Tubb Town était désertée.

Ce même jour de septembre, apprenant les 2 nouvelles, l'une que le chemin de fer ne passerait pas en ville et l'autre que la ville voisine de Newcastle vendait des lots pour 3 fois rien, tous les habitants et commerçants de Tubb Town désertèrent la ville.

Pareillement, ceux qui habitent aux alentours, le long de la Salt Creek ou sur la piste Custer et Belle Fourche, firent leurs valises et déménagèrent également à Newcastle.

F.R. Curran le patron de saloon chargea son bar à l'arrière d'une charrette et continua de servir ses clients assoiffés durant le voyage, d'autres déménagèrent carrément leurs cabane s de Tubb Town jusqu'à Newcastle

Une église presbytérienne devait être construite à Tubb Town, par les 2 autres frères Curran FB et JB . Un différend entre les 2 frères retarda le début de la construction et avant même que l'église puisse être construite, tout était fini pour Tubb Town.

En 2 jours, la ville était presque désertée et le 1er novembre 1889, Tubb Town était complètement vide, quelques bâtiments avaient été laissés à l'abandon le long de Salt Creek.

Une légende raconte que Calamity Jane aurait eu le temps visiter la ville.

Deuxième anecdote; Al Smith, un homme d'affaires dans le pétrole local, tenta de transformer l'ancien site de la ville en attraction touristique dans les années 1970. L'ancien bureau de poste étant toujours sur place dans la Gosth Town de Tubb Town, Al Smith tenta de le rouvrir. Il alla jusqu'à acheter et a démonter des vieux bâtiments de Newcastle pour les réinstaller dans la ville fantôme. Malheureusement, cette entreprise échoua rapidement et fut également abandonnée.

On n'oubli pas Tubb Town, pour preuve, cette statue en métal dans le centre de Newcastle, a l'angle de Railroad ave et W Wentworth St,

qui représente un prospecteur d'or et sa mule. Cette sculpture en métal de 1980 a été baptisée "Tubb Town Trixie" en hommage à l'histoire de la ville.

Une plaque commémorative, ou un panneau, est situé sur la route US 16 et qui marque l’emplacement de l'existence brève et sauvage de Tubb Town. Mais il ne reste que peu de traces de la ville, quelques ruines issues de la tentative de reconstruction de AL Smith.

De son côté, le créateur de Tubb Town, Delos Dewitt Tubbs, est parti à Cheyenne ou il est décédé le 18 avril 1930 à l'âge de 81 ans et fut inhumé à Custer, dans le Sud Dakota, près de sa femme qui avait quittée ce monde le 12 septembre 1929.

Tubb Town, cette ville sans foi ni loi connue pour son atmosphère rude et tumultueuse avec ses saloons, ses bordels, n'aura durée que quelques mois mais ne sera jamais oubliée.


Carbon Town (26/11/2025)

Après avoir écrit sur le cimetière de Carbon, il est normal que je parle de la ville. Aujourd'hui c'est une ville fantôme que peu de gens connaissent.

Carbon, a été fondée en 1868 quasiment en plein désert, à mi-chemin entre Laramie et Rawlins, entourée uniquement d'armoise, de buissons et de quelques arbres épars.

La ligne de chemin de fer Union Pacific, est en construction à travers mon Wyoming, et le tracé ferroviaire, suivait 2 choses à l'époque, les rivières, parce que les locomotives ont un grand besoin en eau, et les mines de charbons pour alimenter les grosses locomotives.

Une journée de 1867, du charbon est découvert pour la première fois dans la région par le soldat Bartholomew Foley, en campement a Fort Fred Steele, pendant qu'il ramassait de l'armoise et comme il était mineur il a tout de suite compris ce qu'il avait trouvé. A noter que Fort Fred Steel n'avait pas encore de nom à cette époque, il a était nommé ainsi quelques temps après en l'honneur du général Frederick Steele, décédé le 12 janvier 1868. 

Le capitaine fit remplir des sacs qui furent envoyés à Omaha, au siège de la compagnie de l'Union Pacific qui est très intéressé par cette découverte.

C'est décidé, la voie ferrée passera par cette route. 

Les premiers à ouvrir une mine sont Thomas Wardell, Mike Quealy et William Hinton, du Missouri et propriétaires de la Wyoming Coal and Mining Company. Ils ont conclu un accord avec l’Union Pacific Railroad Company, et obtenu la permission d’ouvrir et de développer ses mines de charbon.

Une gare est construite et le premier train arrive le 30 juin 1868 et continu la construction du chemin de fer Union Pacific jusqu'à Fort Steele qui est achevée 21 juillet 1868.

Pour la future ville le nom est facile, comme elle est construite a grâce au charbon, elle s'appellerait Carbon. Au fil des ans, on a dénombré 7 mines de charbon autour de Carbon.

A début, Carbon n'était un hameau dispersé et désorganisé, composé de maisons semi-enterrées, de cabanes rudimentaires et de tentes. La petite ville était traversée par un tout petit ruisseau, qui avait de l'eau seulement quand il pleuvait et étant au milieu de nul part, de l'eau était acheminée par wagons-citernes pour remplir une citerne.

Les maladies infectieuses étaient courantes en ville, comme la typhoïde, la diphtérie et le choléra qui étaient les plus répandues.

Peu à peu, ces grossières cabane furent remplacées par des bâtiments en bois et en pierre. 

Le 17 mars 1869 c'est le premier bureau de poste qui ouvre ses portes, une école en 1874, en 1877 le premier docteur, David Whitney, s'installe à Carbon, Martha Jane Canary, surnommée "Calamity Jane, qui est en route pour la Californie, s'arrête en ville quelques jours et, comme a son habitude, fréquente les saloons.

Avec le temps, on trouve de tout à Carbon, des magasins, une boucherie, une coopérative, un salon de coiffure, une pharmacie, une ou deux églises, une banque, une école, un journal, des hôtels, une imprimerie et bien sur des saloons.

Dans les magasins, il y a celui de Ben José. Si j'en parle c'est qu'il avait un problème, il était aveugle. Malgré ça, il gérait son commerce florissant de fruits, de noix, de confiseries et de jouets d'une main de maitre. Ben a le malheur d'être aveugle, mais il a réussit sa vie et son commerce était réputé excellent.

En 1890, Carbon est a son apogée et atteint son pic de population de presque 1500 habitants.

Petite anecdote; C'est à Carbon qu'il y a eu la première grève ouvrière du Wyoming en 1875. Les mineurs se mirent en grève parce que leurs salaires avaient été diminués. Hélas, la grève fut un échec pour les pauvres mineurs. La compagnie, avec l'aide des troupes fédérales de Fort Steele, licencia les grévistes et les remplaça en grande partie par de la main-d'œuvre immigrée, des Allemands, Suédois, Hollandais, Anglais, Danois, Norvégiens ou Irlandais.

Une deuxième anecdote; Le 17 juin 1885, la Statue de la Liberté arrive par bateau dans le port de New York. Un bateau rempli d’immigrants et certains d'entres eux avaient traversaient l'océan Atlantique pour travailler en Amérique et beaucoup d'entres eux se sont retrouvés dans les mines de Carbon.

Pendant que j'y suis et que je suis lancé, voici une troisième anecdote; Oskari Tokoi, qui faisait parti des immigrants finlandais, est devenu par la suite un dirigeant syndical et homme politique, puis président du Sénat finlandais en 1917.

Le Milliken and Ross Saloon était la plus importante des maisons d’alcool de la ville. Les mineurs convertissaient rapidement leurs dollars durement gagnés en bière ou en whiskey et bien qu’il y ait 8 saloons en ville, la consommation d’alcool n’était pas démesurée.

Carbon avait plusieurs hôtels, parmi lesquels on peut citer le Scranton House, le Wyoming House, le Carbon House et la pension Nixon. Tous étaient confortables et bien entretenus, et offraient une excellente pension.

Le Scranton House, géré par John O'Connor, était le meilleur hôtel de la ville. Un matin du 19 juin 1890, un pensionnaire ivre de l’hôtel Scranton, a renversé une lampe à pétrole. Comme je le disait plus haut, le ruisseau Carbon Creek avait peu d'eau ou était souvent à sec, et l’incendie a détruit tout le centre-ville, soit plus de 20 bâtiments. Les pompiers ont même essayé de dynamiter quelques bâtiments dans l’espoir d’empêcher le feu de se propager, mais leurs efforts n’ont pas été couronnés de succès.

Immédiatement après l'incendie, les habitants de Carbon et les commerçants reconstruisent la ville avec de nouvelles lois et ordonnances afin d'éviter qu'un tel drame ne se reproduise.

Un Opéra a été construit par John Milliken et pouvait accueillir jusqu'à 300 personnes.

A l'école on compte environ 200 élèves, c'est énorme a cette époque. Il y a plusieurs enseignants et l'école est bien équipé, mobilier, cartes, plans et globes terrestres. Durant l'hiver, des cours du soir sont proposés aux mineurs.

Il y avait plusieurs petits magasins de marchandises générales et le plus important était celui de la Beckwith Commercial Company, anciennement connu sous le nom de Beckwith, Quinn & Co. en 1875. Cette société avait des magasins dans toute les villes minières du Wyoming.

Carbon se trouvait proche de Simpson Ridge, une colline difficile à gravir, si dure que l’Union Pacific ajoutait souvent une locomotive supplémentaire aux trains afin qu’ils puissent franchir la pente. 

Mais à partir de 1899, la compagnie de chemin de fer retrace l’ensemble de son itinéraire du Nebraska à l’Utah, en réduisant les pentes. Carbon et la colline de Simpson Ridge ont été contournés.

En 1902, les 7 mines de charbon ferment définitivement et la ville est progressivement abandonnée, quelques personnes restant sur place pendant une dizaine d’années de plus. Les habitants préféraient déménager vers de meilleurs endroits tels que Hanna, une autre ville minière légèrement plus au Nord.

Carbon ne retrouvera jamais sa prospérité d’antan et a été abandonnée peu à peu pour devenir une ville fantôme.

En ville on peut encore y voir aujourd'hui d'anciennes fondations, des routes, des vestiges de mines et le tracé de la voie ferrée de l'ancienne ligne de l'Union Pacific, des noms de rues, des panneaux indiquant quel immeuble ce trouvé à cet endroit etc.

De nombreuses fondations rocheuses, même les bâtiments en pierre ne sont plus debout, mais sont encore impressionnantes aujourd’hui.

Quelques panneaux que les descendant, familles ou associations remettent en place sont visibles. Carbon a été la première ville minière à s’établir dans un territoire qui deviendra un état du Wyoming le 10 Juillet 1890.

Une belle visite à faire si vous traversez Carbon County.

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Cimetière de Carbon

Le trajet pour y arriver est un peu compliqué, il traverse des propriétés privées et il faut demander une autorisation pour y accéder.

Me voilà parti à Medicine Bow, seulement, je ne suis pas au bon endroit. On me dit d'aller au musée d'Hanna, c'est eux qui délivrent les droits d'accès au cimetière. Me voilà reparti vers Hanna, heureusement ce n'est pas loin, environ 20 miles (32km).

Le laissez passer en poche, nous voilà en route vers le cimetière de Carbon et ses 6 miles (presque 10km) de chemin de terre.

On traverse une grande propriété, mais comme nous n'avons pas croisé âmes qui vivent, nous avons continué lentement vers le dernier lieu de repos éternel de beaucoup de personnes.

Le cimetière est visible de loin; ce qui est normal, il est assez grand, environ 2 hectares et il n'y a rien autour, seulement un paysage relativement plat, couvert d'herbes naturelles et parsemé de quelques arbres et d'armoises.

L'ancienne ville de Carbon se trouve plus loin au Sud, sur une colline mais n'est pas visible depuis le cimetière. En ville on peut encore y voir aujourd'hui d'anciennes fondations, des routes, des vestiges de mines et le tracé de la voie ferrée de l'ancienne ligne de l'Union Pacific, des noms de rues, des panneaux indiquant quel immeuble ce trouvé à cet endroit etc.

Le cimetière de Carbon serait l'un des plus anciens de mon Wyoming. Dés 1868 on y enterre les premiers morts. J'ai relevé, 2 tombes aux noms de Joseph Blackey et Charles Ellis décédé en 1868, mais peut être qu'il y en a de plus anciennes.

Il y a énormément de dates de décès qui vont des années 1868, pour celle que j'ai trouvé et le début des années 1900, l'époque où Carbon était encore habitée. Beaucoup de victimes sont le résultat d'explosions minières y furent enterrées en 1903 et 1908.

A la fin des années 1880, l'exploitation du charbon déclina, la voie ferrée fut déplacée et la ville commença à se vider.  Son dernier habitant mourut en 1912.

Il y a bien eu quelques inhumations après l'abandon de la ville et j'en trouve une de 1995. Le cimetière de Carbon semble abandonné, mais les familles et les amis continuent d'entretenir des concessions individuelles.

Il y a environ 350 tombes, et d'après les noms encore lisibles, de nombreux habitants de Carbon étaient originaires des Allemands, Suédois, Hollandais, Anglais, Danois, Norvégiens ou Irlandais.

Il y avait du monde à Carbon, le chemin de fer y est pour beaucoup. A cette époque, il y a les ouvriers ferroviaire, les mineurs, les pionniers, les trappeurs suivent le tracé de la voie ferrée.

Si le cimetière a beaucoup de monde, c'est en 1890, Carbon est a son apogée et atteint son pic de population de presque 2000 habitants et 7 mines de charbon.

Au Carbon Cimetière il y aurait une fosse commune qui daterait également de 1868. John Sublette travaillait à la construction de la voie ferrée et, lors de l'ouverture des mines de l'Union Pacific à Carbon, il transporta le bois nécessaire à leur construction à l'aide d'un attelage de bœufs. Il traçait le chemin pour les futures voies ferrées et un jour d'octobre 1868, il est à côté d'un lac auquel il doit donner un nom. Il est accompagné de soldats, avec des chariots, des bœufs et des mules.

ils sont attaqués par un groupe d'Amérindiens et les soldats n'ont pas eu beaucoup de chance, mais John Sublette et un autre homme ont survécu. Les Indiens ont mené les bœufs dans le lac, leur ont coupé les jarrets et les ont laissés se vider de leur sang. Ils ont ensuite pris les mules et se sont enfuis.

John Sublette voyant le lac de couleur rouge sang, le nomma Bloody Lake.

Ce serait ces hommes morts durant cette bataille sanglantes qui seraient inhumés dans une fosse commune au cimetière.

Il y un homme du nom de Charles Ellis, qui a été tué en 1868, par des Indiens alors qu'il était parti à la recherche de sa mule. ce serait lui le premier locataire du cimetière.

Le sheriff Robert Widdofield qui a été tué par le gang Parrot en 1878.

Charlie Burris alias Dutch Charley qui faisait parti du gang Parrot est aussi enterré au cimetière de Carbon. Il est mort pendu à un poteau télégraphique près de la voie ferrée par une foule en colère.

Il y a beaucoup de pierres tombales pour les jeunes et même des enfants qui n'ont vécus que quelques jours.

Le dernier habitant de la ville mourut en 1912.

Le cimetière est oublié ? Non, des personnes viennent l'entretenir en remettant les clôtures tombées ou en nettoyant. Une association s'est formé en 2002 pour entretenir le cimetière, des bénévoles rénovant l’endroit et reconstruisant les histoires des personnes qui y sont enterrées.

L’ancien cimetière de la ville fantôme de Carbon est populaire pour les passionnés d’histoire comme moi et les descendants des mineurs et familles qui y ont vécu. C’était l’un des premiers cimetières officiels du Wyoming.

Même s'il faisait bon y vivre, la région était en proie aux attaques Amérindiennes, aux accidents miniers fréquents, au manque d’eau et aux maladie comme la diphtérie.

Le cimetière de Carbon est inscrit au Registre national des lieux historiques. Beaucoup de sépultures ont des noms illisibles, les pierres tombales sont renversées. J'essaye de remettre en place les objets ou plaques qui ont chutés.


Bryan (02/08/2025)

Une ville fantôme oublié dont le passé est lié au chemin de fer et aux rêves sauvages du Far West.

C'est l'Union Pacific Railroad qui s'enfonce toujours plus loin vers l'Ouest qui fonde la ville de Bryan en septembre 1868. Une ville qui, aujourd'hui,  aurait du être la plus grande ville du Sweetwater County. Mais les évènements en ont décidé autrement.

On lui donne le nom du lieutenant Francis Theodore Bryan, arpenteur et ingénieur topographe. C'est lui qui ouvre un meilleur itinéraire entre Fort Riley et l'Utah et la Californie lors d'un premier voyage. Le lieutenant Francis T. Bryan était responsable de ce levé, accompagné de John Lambert, topographe et de Harvey Engelmann, géologue, d'une équipe d'ouvriers et d'une escorte militaire. L'itinéraire emprunté était le plus avantageux, de nombreux cours d'eau comme le Platte River, la seule inquiétude étant l'absence d'arbres. 

Mais selon l'avis du lieutenant Francis Theodore Bryan, cette absence de bois et d'abris rendrait toujours le voyage le long de la Platte River en hiver une expérience dangereuse et pénible. 

Sur ce trajet avec beaucoup d'eau, c'est parfait pour l'Union Pacific Railroad, qui en a besoin pour ses locomotives. C'est ainsi qu'ils construisent Bryan, un traversier pour la rivière, des forges, des magasins, une gare, une rotonde, des restaurants, un cordonnier, un armurier, une banque, une salle de concert et des saloons.

Très vite, Bryan a été un endroit animé et avait une rue principale qui s'étendaient de la gare vers la Blacks Fork Creek. Le roi des diligences,  Benjamin Holladay, faisait une halte en ville qui a comptait jusqu'à 5000 habitants avant décembre 1868. Des attelages qui allaient et venaient jours et nuits, des pionniers, des montagnards, des cheminots, des joueurs de pokers, des filles de joies et les Amérindiens qui rodaient alentours en faisait une ville tapageuse.

Bryan devait servir de terminus pour le chemin de fer. L'un des premiers magasins était tenu par un hébreu, Henry Aultman, originaire de Cheyenne, qui fut parmi les premiers à arriver en ville.

La famille Chisman était très connue à Bryan, un homme que l'on appelé Old Bill Chrisman y tenait un magasin, son frère Chet s'occupait de transport de Bryan Fort Stambaugh et Harriet Chrisman avait une propriété près de la ville.

La petite anecdote; Green River est bâtie sur la rivière du même nom, grâce à l’Union Pacific Railroad en 1867, avant Bryan. Une gare est rapidement construite pour accueillir le futur chemin de fer. Les rails de l’Union Pacific Railroad atteignent Green River le 1er octobre 1868 et les responsables des chemins de fer sont surpris de constater qu'autour de la gare, une ville de 2000 habitants et des bâtiments permanents y avaient été établis.

Quelques temps après, Green River a failli devenir une ville fantôme à cause de la sécheresse. L'Union Pacific Railroad change et choisi de s'établir à 13 miles à l’Ouest au bord de la Blacks Fork Creek. C'est ainsi que Bryan voit le jour. Comme ici il y a du travail dans la nouvelle ville, les habitants de Green River désertent la ville et viennent s'entasser à Bryan.

Un service de diligence a été établi entre Bryan et Green River et de là, reliant les mines et les villes du Wyoming.

Mais quelques années plus tard, Blacks Fork Creek s’est asséchée en raison d’une forte sécheresse et le chemin de fer s’inquiétait du fait qu’il n’y avait pas assez d’eau à Bryan pour entretenir ses locomotives. Du coup, ils sont retourné à Green River qui à de nouveau prospéré, tandis que la population de Bryan a chuté et ne s’est jamais rétablie.

Green River a failli devenir une ville fantôme, mais du fait elle est redevenue une ville prospère et c'est Bryan, qui déjà en 1872, n'était plus qu'une ville abandonnée.

Aujourd'hui, presque tout a disparu, de Bryan il ne reste que quelques fondations en béton sont a peine visibles et le petit cimetière qui est perché sur une colline surplombant l'ancienne ville. Plusieurs pierres tombales sont illisibles et de nombreuses tombes sont anonymes.

Il y a sur la Blacks Fork Creek les restes d'un vieux pont et en regardant bien, je pensais que c'était l'ancienne voie ferrée qui y passait. Mais vous me connaissait, je fais des tas de recherches et j'ai trouvé que le pont est construit en 1926, Bryan n'existait plus depuis longtemps. Ce serait l'ancienne route historique de la Lincoln Highway.

Si vous prenez l'highway 374, qui est parallèle à l'intersates 80, il y a un petit parking avec un marqueur qui a quelques explications sur Bryan.

La ville éphémère a été abandonnée au vent de mon Wyoming et la nature a repris ces droits. Bryan n'est un piège à touristes, il n'y a personne, si vous croisez quelqu'un, ce sera surement moi, un grand amateur d'histoire du Wyoming.


Atlantic City (29/04/2025)

C'est la ghost town, en 1869, la ville comptait environ déjà 500 habitants, mais elle était déjà en déclin en 1870, lorsqu'on ne comptait environ que 300 âmes, et la ville fantôme à encore 39 habitants au recensement de 2025.

Atlantic City a été créée en 1867, au moment de la ruée vers l'or avec au début juste un camp minier. La nouvelle de la découverte d'or se répandit rapidement et la région fut envahie de mineurs en un rien de temps.

Bien que son emplacement soit isolé, à environ 100 miles (160km) de la gare la plus proche, que les hivers soient rigoureux et que les attaques Amérindiennes soient fréquentes, cela n'empêcha pas les hommes d'affluer vers la nouvelle découverte d'or.

Pour accueillir ces nouveaux prospecteurs, 3 hommes nommés Collins, Thompson et le colonel Tozier (ou Tozer) ne tardèrent pas à s’emparer de la ville, à vendre des lots et à voir le jour à Atlantic City et un bureau de poste y a été ouvert en 1869. Il ferma ses portes en 1923, mais rouvrit 3 ans plus tard, puis ferma officiellement ses portes en 1954.

Le nom de la ville vient de sa situation près de la ligne continentale de partage des eaux à l'Est de celle-ci, là où l'eau se jette dans l'océan Atlantique.

En 1870, Atlantic City était une ville bien aménagée avec 4 magasins généraux, une quincaillerie, 2 hôtels, 2 écuries, 2 brasseries, une scierie, une salle de danse, 2 forgerons, 3 restaurants, une église, un  opéra, une école, une pharmacie, 7 saloons et bordels et d'autres commerces. On raconte que l'opera est le premier opéra de l'État.

Anna Schlichting, veuve et immigrante allemande, arriva à Atlantic City en provenance de Cheyenne en 1869 et y resta. Elle dirigea un hôtel et se lança dans l'élevage bovin. Elle déposa la marque AS en août 1873. Sa marque est considérée comme la plus ancienne marque enregistrée à Atlantic City pour les chevaux et le bétail.

Un ingénieur français du nom d’Emile Granier arrive à Atlantic City en 1884 avec un capital d’investissement pour commencer un projet d’exploitation minière hydraulique pour l'Etat Français. Embauchant quelque 300 hommes, il commença à construire 25 écluses pour approvisionner en eau ses concessions à l’Est d’Atlantic City, en aval du lac Christina, dans les hauteurs de la chaîne de montagnes de Wind River. Une fortune fut investie dans une scierie, des fossés de plusieurs kilomètres, des canaux et du matériel de récupération d'or.

Le projet employa dura plusieurs années avant d'être finalement un échec. Le fossé traversait des kilomètres de roche dure avant de serpenter jusqu’à Atlantic City et a finalement été achevé en 1888.

Le rêve du Français Granier a été déjoué lorsqu’il s’est avéré que le fossé qui avait été construit avait trop de pente, et lorsque l’eau s’y est engouffrée, de nombreuses écluses se sont détruites, déversant de l’eau et de l’or sur le chemin.

Il n'en fallait pas plus pour que les petits mineurs du coin se précipitent et ont utilisé l’eau pour creuser dans les nombreux ravins, dont beaucoup ont réussi et ont récupéré l'or.

En 1893, l’entreprise d'Emile Granier fait faillite et l’homme vaincu rentre en France pour expliquer l’échec du projet à la France et demander un financement supplémentaire.

Au lieu de cela, il a été emprisonné, jugé et condamné à la prison à vie, où il est mort quelques années plus tard.

Pour protéger les mineurs et les autres colons, le gouverneur du territoire du Wyoming, John Campbell, demanda la construction d'un fort pour l'armée américaine. Le camp Stambaugh, fut créé le 20 juin 1870 à mi-chemin entre Atlantic City et une autre ville minière, Miner's Delight. Le camp Stambaugh sera fermé en mai 1878.

Bien que les jours d'Atlantic City soient comptés, la petite ville a survécu et de nouvelles entreprises ont été créées. C'est au cours des années suivantes, et 1893, que le magasin Giessler a été construit, et qui existe toujours aujourd’hui.

Le grand bâtiment est construit par Lawrence Giessler avec de la brique d’adobe et recouvert d’un revêtement métallique. En plus de gérer le magasin, Giessler exploitait également une entreprise de fret et un ranch sur Willow Creek. Après sa mort, sa femme, Emma, a exploité un café et une pension de famille dans l’immeuble. Le bâtiment a finalement fermé ses portes à la fin des années 1930 et est resté à l’abandon pendant 3 décennies. 

En 1890, Clarence et Nellie Carpenter sont arrivés à Atlantic City, et l’année suivante, Nellie a commencé à servir des repas aux mineurs dans sa maison. Lorsque la mine Dexter a créé un petit boom après le tournant du siècle, les charpentiers ont agrandi la maison Carpenter et ils ont commencé à accueillir des pensionnaires. Il est rapidement devenu le Carpenter Hotel, qui a encore été agrandi dans les années 1930 et a été géré par leur fille, Ellen, jusqu’à sa mort en 1961.

Clarence Carpenter qui avait travaillé pour le Français Granier était arrivés en 1890, avec sa femme Nellie et ses 4 enfants. Nellie avait commencé à aider et à servir des repas aux mineurs. 

Quand le Français est reparti, Clarence et Nellie Carpenter étaient restés Atlantic City et s'installèrent à côté du ruisseau dans une cabane d'une seule pièce avec écurie. 

Passant de repas à hébergement pour mineurs, puis à une pension de famille avec des cabanes en toile de tente. Plus tard, les Carpenter agrandirent leur maison et accueillirent des pensionnaires, ouvrant l'hôtel restaurant Carpenter en 1904. Ils agrandirent leur hôtel en 1935.

Une autre famille s'implante en ville, Lawrence et Emma Giessler. 

Lawrence Giessler construit un magasin en briques d'adobe et recouvert de bardage métallique, le bâtiment servit d'abord de magasin Giessler. Outre la gestion du magasin, Giessler exploita également une entreprise de fret et un ranch sur Willow Creek. Après sa mort, sa femme, Emma, y tint un café et une pension de famille. Le bâtiment ferma finalement ses portes à la fin des années 1930 et resta à l'abandon pendant 30 ans. Aujourd'hui, il est inscrit au Registre national des lieux historiques, il abrite un saloon et un restaurant grill appelé Atlantic City Mercantile.

À la fin des années 1940, Atlantic City comptait moins d'une douzaine d'habitants et l'hôtel Carpenter était encore en activité. Un témoignage dit qu'à une époque, les seuls résidents d'Atlantic City étaient les propriétaires Ellen Carpenter et son frère Jim.

En 1912, l’église épiscopale historique St. Andrews a été construite, qui continue de fournir des services aux paroissiens aujourd’hui. Il est également inscrit au registre national des lieux historiques.

Dans les années 1950, Atlantic City était devenue une ville fantôme, avec seulement 6 habitants, et la seule entreprise ouverte était l’hôtel Carpenter. 

Plusieurs bâtiments historiques subsistent dans cet ancien camp minier, dont certains ont été restaurés et utilisés comme habitations, tandis que d’autres s’effacent sous les forces implacables et le travail de Dame Nature. La ville revendiquait l'honneur d'avoir accueilli la première brasserie du Territoire.

Atlantic City était réputée pour son quartier Français qui attirait les mineurs solitaires.

Encore aujourd'hui, il y règne une saveur rustique, quelques maisons en bois, habitées ou certaines en ruines, à l'abandons, mais encore un magasin ouvert, un petit restaurant, et une caserne de pompier, avec juste une rue principale en terre qui traverse la ville. La grande Calamity Jane est venue ici pour quelques temps.

C'est en 1950, que la ville Atlantic City est reconnue Ghost Town, ancienne exploitation minière juste à coté d'une autre ville fantôme South Pass City.

Sur la colline, sur une propriété privée, se trouve une tombe isolée portant l'inscription "Lydia Mae, fille unique de R. et L. McAuley, 1874".

Plusieurs bâtiments historiques subsistent dans cet ancien camp minier, certains restaurés et transformés en habitations, tandis que d'autres sont en déclin sous les assauts implacables de Dame Nature.

Mais c'est un endroit laissé dans son jus et qui vaut une belle visite avec beaucoup de bâtiments inscrits au Registre national des lieux historiques.


South Pass City (29/04/2025)

Une super ville fantôme qui date de 1866 et qui a eu jusqu'à 4000 habitants, et à aujourd'hui une restauration 30 bâtiments fidèles à l'époque. 

Une grosse veine d'or a été trouvée cette année là par H.S. Reedall dans ce qui allait devenir la mine Carissa, les mineurs ont afflué, amenant leurs familles avec eux. C'est également en 1866 que la ville est nommée South Pass City.

On a vu dans les rues Calamity Jane, Butch Cassidy, Robert Todd Lincoln, fils aîné du président Abraham Lincoln, le Général Sheridan ou encore Esther Hobar Morris qui a été la première femme juge de paix aux États Unis en 1870, et vous voyez une statue en son honneur au Capitol de Cheyenne.

South Pass City a vu le jour lorsque de l’or a été découvert dans les montagnes par un groupe de prospecteurs mormons. 

En 1861, il n'y avait de 4 cabanes en rondins, dont l’une était inachevée, et quelques tentes. Il y a de l'eau, des animaux pour se nourrir, du bois pour se chauffer, c'est ici que South Pass City voit le jour, au bord de ruisseau Willow Creek, un bras qui arrive de Sweetwater River qui passe à quelques miles.

Notons qu'en août 1861, Samuel Clemens qui deviendra plus tard Mark Twain, âgé de 25 ans, traversa cet endroit, qui n'était pas encore connu sou le nom de South Pass City, en diligence avec son frère Orion, nouvellement nommé secrétaire du Territoire du Nevada.

De l'or ait déjà été trouvé en petites quantités dans la Sweetwater Creek, dès 1842 par un trappeur. Mais le malheureux a été tué par des Amérindiens avant de pouvoir organiser des activités minières.

La région isolée était principalement occupée par les Amérindiens Arapaho, Cheyenne et Sioux qui étaient prompts à attaquer ceux qui envahissaient leurs terres natales. Et personne n'osait venir s'installer. Les premiers mineurs avaient des hommes pour surveiller les Amérindiens, et le minerai a été trouvé en quantités si limitées que les mineurs n’ont pas commencé à fouiller la région en grand nombre avant l’arrivée des troupes américaines en 1866.

Dés 1868, South Pass City comptait déjà plus de 250 bâtiments et 1000 personnes. En 1870, Fort Stambaugh a été construit comme un poste permanent pour les troupes américaines afin de protéger les colons et les mineurs.

La rue principale de 1/2 mile de long comptait de nombreux hôtels, restaurants, magasins généraux, 2 journaux, des médecins, des dizaines de saloons, de bordels, 1 prison, 1 école, 1 banque a été ouverte en 1868 par John W. Iliff, le roi du bétail, et Amos Steck (1822-1908), un ancien maire de Denver, il y avait même un bowling.

South Pass City était bruyante et bourdonnait d’excitation. A un moment donné, les habitants de la ville pensaient en faire la nouvelle capitale du Wyoming. Ils espéraient aussi que le chemin de fer transcontinental viendrait jusqu'en ville.

Des entreprises sont apparues du jour au lendemain parce que les personnes ayant de l’expérience dans les booms aurifères en Californie, au Nevada, au Colorado, au Montana et ailleurs savaient que le moyen le plus simple de gagner de l’argent était de vendre des fournitures aux mineurs plutôt que de s’enfoncer dans la roche solide ou de creuser.

Les mineurs à la recherche d’investisseurs faisaient la promotion dans les journaux d’une nouvelle colonisation dans la région et exagéraient sur la quantité d’or trouvé. La ville était si importante qu’elle est devenue le siège du comté de Carter alors qu’elle faisait encore partie du territoire du Dakota.

Lorsque le comté de Carter est devenu une partie du territoire du Wyoming en 1869 et que le comté a été rebaptisé Sweetwater, il est resté le siège du comté jusqu’en 1873. Plus tard, le comté de Sweetwater fera partie du comté de Fremont.

Mais, South Pass City ne durerait pas, et seulement 2 ans après sa création, la ville commencerait à montrer ses premiers signes de déclin. Il y avait à la meilleur époque de  plus de 300 cabanes.

Frappée par un effondrement au début de 1869, la ville a resurgi brièvement après que des capitaux extérieurs aient été versés dans la région, mais s’est effondrée à nouveau car les dépenses et les difficultés pour récupérer l’or se sont avérées trop coûteuses pour la plupart des mineurs. En 1872, la ville n’était occupée que par quelques centaines de personnes. En 1880, South Pass City ne comptait plus que 37 habitants.

La renaissance de la mine Carissa en 1885, avec un nouveau filon d'or, a maintenu South Park City en vie, mais elle n’a jamais retrouvé la population ou l’excitation de la fin des années 1860. South Pass City était fini. En 1900 il y avait 142 habitants dans la ville, et seulement 70 en 1910.

Outre la mine Carissa, 25 mines plus grandes, avec des noms colorés comme King Solomon’s, Northern Light, Hoosier Bay et Mohamet, et des centaines de plus petites ont fonctionné à son apogée.

La famille Sherlock a fait beaucoup pour la ville. Janet Sherlock Smith, une immigrante écossaise, qui est l’une des fondatrices de South Pass City, est arrivée avec la ruée vers l’or de 1869. Elle est venue d’Écosse et s’est installée à Salt Lake City. Elle y vécut 6 ans avant de partir pour South Pass City.

En achetant l’Idaho House Hotel en 1873 et en le renommant rapidement South Pass Hotel, Janet en a fait une entreprise qui a soutenu une grande famille élargie pendant les 80 années suivantes. 

En 1874, Janet Sherlock rencontre James Smith, qui deviendra son mari. Il a construit la cabane qui a abrité son entreprise marchande pendant 20 ans. James a également construit le Carissa Saloon vers 1890. Et c’est ainsi que la Smith Sherlock Company a vu le jour. La dynastie de la famille Sherlock-Smith a duré jusqu’en 1948 à South Pass City. Janet et James ont eu 5 filles.

Le frère de Janet a été abattu dans cet hôtel au cours d’un jeu de cartes.

La diligence s’arrêtait à l’hôtel de Janet Smith 2 fois par jour, à midi et à 2 heures du matin. Janet Smith ne dormait presque pas puisque chaque étape transportait 17 personnes. Elle devait cuisiner toute la nuit et toute la journée pour préparer ses clients de l’hôtel. Ses filles aidaient pour préparer les tables, aidaient à cuisiner la nourriture, faisaient le ménage et faisaient la lessive. C’était un endroit difficile à vivre, le temps était froid et horrible en hiver. Dirigeante de bonne volonté et courageuse, elle y a dirigerait le magasin Smith Sherlock jusqu’au 20ème siècle.

L’une des filles de Janet, Anna Smith, à collectionner des souvenirs de South Pass dés l’âge de 7 ans. Finalement, elle a assemblé un grand nombre d’objets, y compris des vêtements vintage, des papiers et des effets personnels, tous étiquetés en fonction de qui ils appartenaient ou à quoi ils servaient et toute sa collection était au ranch de la famille à Pinedale. Des centaines de photographies et d'objets avec la date et parfois des noms étaient inscrits au dos.

Hélas, Janet Smith Sherlock, est décédée en 1989 sans testament, les personnes qui dirigent South Pass City en tant que site historique de l’État sont allées au ranch et n’ont même pas pu récupérer le moindre souvenir. Cette vaste collection d’objets a été mise aux enchères.

Heureusement, Michael Fox, un cousin de Janet, a été chargé de faire un inventaire de ses merveilleux souvenirs. Il a personnellement donné plus de 10 000 artefacts au site, et l’État du Wyoming en a acheté 12 000 autres, créant la collection Janet Smith Tibbals, l’une des plus complètes de l’Ouest. South Pass City" à la chance de disposer d’une énorme richesse d’informations. La profondeur historique de la collection n’existe nulle part ailleurs. Des histoires, transmises de génération en génération, racontent qui est mort dans quel lit et à propos de Butch Cassidy, quand il se tenait aux portes de l’ancienne banque, et que les enfants de South Pass City l’appelaient Oncle Butch.

Mais, à la fin, South Pass deviendra une ville fantôme. Des résidents optimistes sont restés dans la ville mourante, en se diversifiant dans l’élevage, l’exploitation forestière et les industries artisanales. En 1949, la dernière famille de pionniers avait quitté South Pass City et les bâtiments tombaient en ruine. Pendant 2 décennies, le site a été géré par le secteur privé en tant qu’attraction touristique, mais la tâche d’entretien des bâtiments est devenue trop difficile.

Cependant, en 1966, la ville fantôme, South Pass City, a été acheté par l’État du Wyoming comme cadeau du 75e anniversaire des citoyens de l’État, garantissant ainsi que l’histoire de la ville continuerait d’être racontée. Grâce aux efforts combinés de plusieurs organismes publics et organisations privées, la ville a été restaurée avec précision.

Elle contient plus de 25 structures originales rénovés et quelque 30 000 objets et documents, dont presque tous sont originaux de l’ancienne colonie.

South Pass City a quand même laissé sa marque dans l’histoire américaine lorsqu’un propriétaire de mine nommé William Bright, aussi propriétaire d’un saloon, a servi dans la première législature territoriale du Wyoming et a présenté le premier projet de loi sur le suffrage des femmes. Le projet de loi adopté en décembre 1869, le Wyoming est devenu le premier État où les femmes pouvaient voter. À peine 3 mois plus tard, l’histoire allait être refaite lorsque La résidente de South Pass City, Esther Hobart Morris, est devenue la première femme à occuper une charge publique dans le pays lorsqu’en février 1870, elle a été nommée juge de paix. Au cours de son bref mandat de 8 mois, elle a jugé 27 affaires.

Aujourd'hui, South Pass City est un lieu historique incontournable. Toutes les structures historiques de la ville ont encore leur contenu d’origine exposé dans les mêmes salles que les gens utilisaient. Des bâtiments de l'époque de 2 étages bordent toujours la rue principale, et la rue apparaît aujourd’hui comme elle était dans les années 1880.

D'un côté se trouvait la chapellerie, à côté il y a l’écurie. La banque devint plus tard un saloon. Une mine est toujours là, quasiment en ville. Juste au Sud de la ville, sur une colline surplombant la ville historique, se trouve l’ancien cimetière, mais il n’y reste que 4 tombes d’enfants marquées. De nombreuses personnes ont déplacé les restes des membres de leur famille.

South Pass City est silencieuse maintenant. Le seul son est le claquement étrange d’une vieille chaîne rouillée sur le côté d’une vieille cabane patiné par le temps. Fini les mineurs tapageurs, les filles de salle et les soldats de la cavalerie en ville pendant leur congé. Les bâtiments qui restent sont hauts et fiers. Chacun à l’air de voir quelqu’un franchir ses portes comme dans un bon film de cowboys.

Tout au long de la ville fantôme, vous trouverez des souvenirs du passé de pionnier du Wyoming.

En regardant par les fenêtres de ces vieux bâtiments, vous pouvez voir le vrai Old West comme le voyait les habitants à l'époque. Ici, les meubles, la vaisselle, les vêtements et les outils que les citadins utilisaient restent dans un parfait état de conservation. Certainement pas une ville fantôme délabrée, South Pass City est plus que réaliste, c’est la réalité.

Le général store "Le Sherlock" est ouvert depuis 1898, et a été construit avec les restes du vieille église abandonné.

En 1970, la communauté de South Pass a été enregistrée au registre national des lieux historiques du Wyoming.

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Mine Wolverine à South Pass City (13/08/2025)

Quand je parle de visiter la petite mine à South Pass City, beaucoup me disent qu'il ne pas l'avoir vue.

Mais il faut marcher un peu, la mine Wolverine est en haut d'une petite colline. Elle fut creusé à la recherche d'un minerai, que ce soit de l'or ou autre chose qui aurait fait gagner des dollars.

Malgré tous les efforts, on ne trouva jamais suffisamment d'or et elle fut rapidement abandonnée. 

Aujourd'hui, la mine Wolverine est un étroit passage en long qui vous permet de voir les conditions dans lesquelles les mineurs travaillaient à cette époque. Contournez la Sherlock House et montez le petit chemin qui part sur le côté pour la trouver.

C'est l'occasion de s'aventurer en toute sécurité dans une courte section du tunnel de la mine et de s'immerger dans l'environnement sombre et confiné typique d'une mine d'or. A noter qu'aucune autre mine à proximité n'est considérée plus sûre que la mine Wolverine.

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Exchange Saloon, à South Pass City (21/07/2025)

On repaire le bâtiment de loin en arrivant à South Pass City avec son nom écrit en grand sur le toit.

South Pass City est l'un des plus importants site historique de l'Ouest américain. Il compte plus de 35 structures originales. Des bâtiments au mobilier authentique, la ville fantôme vous offre un aperçu réaliste de l'atmosphère de l'Ouest américain à la fin du XIXe siècle.

Les bâtiments de la Banque de l'Exchange et du Bureau du Recorder datent de 1868. La banque ne durera pas longtemps, 2 ans environ, elle fut ouverte en 1868 par John W. Iliff, le roi du bétail, et Amos Steck, ancien maire de Denver et elle ferma ses portes en 1870 et pour être transformée en saloon en 1875.

Amos Steck retourne à Denver où il devient l'un des avocats les plus réputés du Colorado, représentant, entre autres, Augusta Pierce Tabor lors du divorce scandaleux d'avec Horace Tabor, le roi de l'argent, lorsque Tabor tomba sous le charme de l'ancienne Mme Harvey Doe (Baby Doe Tabor).

Le nom de la banque, Exchange, vient de la fonction unique de la banque, qui consistait à échanger de la poussière d'or et des pépites d'or de pureté incertaine contre des pièces frappées dont la teneur en or et en argent était connue. La stratégie de profit de la banque était intrigante : l'or brut était payé bien moins cher que sa valeur marchande.

La banque a été rachetée par la célèbre famille Sherlock, de South Pass City, qui en est restée propriétaire jusqu'en 1948. La banque a été transformée par les nouveaux propriétaires en saloon, marquant un changement significatif dans sa vocation.

Juste a côté il y a le Card Room (Salle de cartes), et il est intéressant de noter que la Card Room fonctionnait comme une entreprise distincte jusqu'à ce qu'un passage relie les 2 immeubles vers 1890, un fait qui en surprend souvent plus d'un. Du fait, l'ancienne banque devenu saloon est relié à la salle de jeux.

A l'Exchange Saloon, vous pourrez jouer au billard sur une des plus ancienne table de billard restaurée de mon Wyoming qui date d'environ 1840.

Encore aujourd'hui, Exchange Saloon est un incontournable lors de la visite de South Pass City.

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École de South Pass City (03/08/2025)

South Pass City a commencée en 1866 après avoir trouvé de l'or.

La première école de la ville est construite rapidement en 1869 et dirigée par M. James Stillman.

C'est une cabane d'une seule pièce en rondins. Mais suite a de nombreuses inondation, il va falloir, la changer de place, ce sera fait de toute façon quand l'école a pris feu.

Elle a été reconstruite un peu plus sur la colline, à son emplacement actuel.

Je lis dans certains livres d'histoire sur South Pass City que l'école a été construite à l'origine près du parking. Elle a été déplacée en 1911 à cause du sol humide et des inondations fréquentes. Certainement sur Jefferson Ave, parce que d'après de vieux plans, c'est là qu'elle se trouve, proche de la petite mine.

Quand l'école a brulé et la nouvelle a été reconstruite à son emplacement visible aujourd'hui avec les toilettes a l'extérieur.. Seules ses fondations subsistent a son ancien emplacement.

Il s'agissait toujours d'une structure en rondins d'une seule pièce avec la majestueuse chaîne de montagnes Wind River qui l'entoure, ajoutant à son charme pittoresque.

L'école a fonctionnées dans le bâtiment en rondins jusqu'en 1947.


Bonanza (14/03/2025)

Quand on entend ce nom, on pense tout de suite à la famille Cartwright de la série télévisé des années 1960, Bonanza. Mais là, c'est une ville du Wyoming qui n'existe plus.

Bonanza veut dire en Français, Aubaine, et ce nom est du à la découverte de pétrole s'écoulant d'une source.

Les premiers colons s'installent dans cette partie du bassin de Big Horn en 1880 au bord de la sur la No Wood River et un bureau de poste est construit en 1885.

Beaucoup disent que Hyattville, est certainement la première ville, elle s'appelait d'abord, Paintrock. Mais elle est rebaptisé en hommage à Samuel W. Hyatt, l'un des premiers colons qui y a établi un magasin en 1886. Mais Bonanza était présent avant.

En 1884, un suintement de pétrole qui affleurent à la surface a été signalé à Bonanza. Depuis ce suintement, de nombreux puits peu profonds ont été forés sur ou à proximité de la structure.

On y découvre du pétrole, tellement bon qu'il pouvait être brûlé directement dans des lampes sans raffinage.

Les promoteurs pensaient avoir trouvé une mine d'or, mais cela ne s'est pas avéré et les plateformes ont été retirées en 1890.

L'espoir et les rumeurs circulaient quant à la découverte d'un gisement pétrolier à Bonanza, mais des plateformes de forage sont arrivées et ont quitté la zone en quelques jours.

Bonanza a créé le premier journal du bassin de Bighorn, le Big Horn Rustler, édité par Joseph DeBarthe, et parut le 1er juin 1889. Il se nommé déjà Big Horn, alors que le comté n'est créé que presque 1 an plus tard, le 12 Mars 1890.

Un exemplaire de ce premier journal du Rustler de 1889 se trouve à la bibliothèque de Lander.

Bonanza a complètement disparue. Il ne reste que le cimetière, très bien entretenu avec 42 tombes. Visitez le, iI regorge de curiosités. 

En faisant le tour du cimetière de Bonanza, je vois que le premier a y être enseveli est un bébé du nom de McDermott. Il est né le 17 juillet 1889 et décédé le 1er avril 1891 à l'âge de 1 an et 8 mois. J'ai trouvé les tombes de James et Mary McDermott, mais impossible de lire les dates, peut être les parents, parce qu'il n'y avait aucune autre tombe McDermott. La deuxième tombe qui fait partie des plus anciennes est celle de Pete Madden a été tué au printemps 1893.

Mais le dernier a y être enterré serait Mike Paumer, né en 1907 et mort en 1988. Il a surement du être ramené par la famille, parce que cela fait longtemps que Bonanza est une ville fantôme.

Il y avait d'autre personne de la famille Paumer, j'ai vu, un bébé Paumer (1914-1914), Josephine (1874-1928), WIlliam (1858-1940) et John (1910-1981).

À proximité du cimetière, il y a un suintement de pétrole naturel où les premiers colons graissaient les roues de leurs chariots.

Mais tout n'a pas disparu de Bonanza, il y a le cimetière bien sur, mais à Old Trail Town de Cody, vous pouvez admirer le bureau de poste qui date de 1885 (photo).


Arminto (23/01/2024)

Carrément au centre du Wyoming entre Casper et Shoshoni, il reste 7 ou 8 anciennes cabanes à l'abandon.

Tout commence à quelques miles de là, une ville commence à voir le jour, c'est Woolton. La ligne de la diligence qui va de Casper à Lander passe a ce niveau sur un chemin caillouteux. Il faut un endroit ou se reposer et c'est Jack Clark qui se lance et construit une première cabane qui servira de station de la diligence dans le années 1890.

Woolton et sa région sont devenus un important élevage de moutons. Le train allait passer là et pouvait emmener les moutons vers l'Est. Quelques mois seulement après la construction d’un dépôt ferroviaire à Woolton, un hôtel a commencé à prendre forme, l’hôtel Big Horn construit par J.L. Marquis. Très vite un saloon et un centre d'affaire suivent.

Mais voilà, le chemin ferroviaire passe à 8 miles plus au Nord.

L’arrivée du chemin de fer plus au nord de Woolton, a mis fin à la petite ville 7 ans seulement après sa création.

Un nouveau dépôt ferroviaire est construit et porte le nom de Armentam, nommé en l’honneur de Manuel Armentam, le propriétaire du Jack Pot Ranch qui est installé depuis quelques temps tout proche.

J.L. Marquis qui a construit l'hôtel à Woolton comprend très vite qu'il faut déménager à Armentam. L’hôtel Big Horn est démonté et a été déplacé de Wolton à Armentam.

Ils ont déménagé la première partie de l'hôtel en fin d'été, mais ont été coincés à l’automne à cause de la neige et ont dû abandonner les planches sur place dans un chariot. Il aura fallu attendre jusqu’au printemps suivant pour amener le reste du bâtiment à Arminto.

La petite anecdote vient du fait que l'hôtel a mal été reconstruit. Peut être a cause d'un terrain pas droit, mais une fois sur les nouvelles fondations, les deux moitiés du bâtiment ne s’alignaient pas correctement. Après avoir bu quelques bières, les hommes ne savaient pas si c’est la bière ou le bâtiment qui vous faisait pencher dans le couloir.

Malgré tout, ils ont boulonné l'ensemble et il est devenu l'immeuble principal de la nouvelle communauté. Il a tenu, sans jamais s'effondrer. Il y avait un grand bar en bois de cerisier et un autre bar arrière qui était arrivé dans le Wyoming lors de la construction du chemin de fer transcontinental à la fin des années 1860.

L’origine du bar en cerisier de l'hôtel reste un mystère, il aurait été vu dans des villes de tentes construites et démantelées à la hâte, allant de Pine Bluffs à Point of Rocks, suivant le chemin de fer, jusqu'au jour ou il est arrivé à Arminto. On dit que la tradition voulait qu’une extrémité du bar soit réservée aux éleveurs de moutons, afin de les séparer des éleveurs de bétail qui devaient se tenir de l’autre côté.

En 1903, J.L. Marquis s’est fait fabriquer une grande caisse enregistreuse en laiton par la National Cash Register Company. C'était une merveille inattendue dans les plaines isolées du Wyoming.

L’hôtel Big Horn, même bancale, a été inscrit au registre national des lieux historiques en 1978 et hélas il a été détruit par un incendie le 17 février 1985.

Un bureau de poste, un saloon, des cabanes, une église et un centre télégraphique, tout va très vite. Mais le nom est embêtant, les habitants trouvent que Armentam est dur a prononcer, surtout pour le bureau de poste. Peu importe, on ne s'interroge pas plus et on le change en quelques chose de plus prononçable, Arminta.

Comme cela arrivait souvent au début du 20ième siècle, le nom a mal été orthographié pour devenir Arminto.

La population de la ville de Woolton, a déménagé à Armenta, une nouvelle ville commence.

Le premier train de la Chicago, Burlington, and Quincy Railroad, qui devint le Burlington Northern, arriva seulement en 1913.

Arminto qui grandit doucement est reconnu ville en 1915 avec J. L. Marquis nommé maréchal de la ville et devint plus tard le shérif du comté de Natrona.

Butch Cassidy, Sundance Kid et leur gang le Wild Bunch ont été vus à plusieurs reprises en ville. Peut être ont ils un rapport avec le rancher Manuel Armentam, qui n'est pas très recommandable selon les livres historiques que j'ai lu.

On disait d’Armentam qu’il avait une "Longue corde", ce qui signifiait à l'époque qu’il était soupçonné d’avoir rassemblé des veaux qui n'étaient a lui et d’avoir apposé sa marque sur eux. 

Avant la reconstruction de l’hôtel Big Horn de J.L. Marquis , de l’écurie, du magasin et des dépendances, l’industrie ovine était à pied d’œuvre et avait déplacé les moutons dans les prairies plus proche d'Armento. J. L. Marquis, qui n'était pas le dernier a avoir de bonnes idées, a ouvert de grands enclos pour la tonte ou une équipe de 40 hommes travaillait. Les enclos étaient les plus grands de mon Wyoming et pouvaient stocker 100 000 moutons.

Avec une population jeune et croissante, une école est construite et Minnie Mitchell a été embauchée comme première enseignante de la ville. Elle est devenue la première femme trésorière de l’État, servant deux mandats, le premier de 1952 à 1954 et le second de 1966 à 1971. Entre-temps, elle a occupé le poste d’auditrice d’État de 1954 à 1966.

Quand Arminto est reconnu ville, on a célébré l’incorporation officielle avec un bal très fréquenté à l’école et un banquet payé par M. et Mme Marquis à l’hôtel Big Horn.

Il n'y a pas que l'hôtel qui a été démonté et remonté en ville, le hangar qui stock les marchandises a aussi été déplacé, les dépendances, l’écurie et le magasin. D'ailleurs, le magasin a conservé son nom de magasin de la Wolton Commercial Company.

Malheureusement, comme ça arrivait souvent avec les maisons en bois de l'époque, le magasin Wolton a brûlé en 1949.

En 1914, toutes les maisons et les grandes entreprises de Wolton se trouvaient à Arminto. En 1920, le recensement officiel indiquait que la ville comptait 100 habitants.

Un autre recensement, enregistré par les acheteurs et les producteurs de moutons, a fait d’Arminto le plus grand centre d’expédition de moutons en Amérique, avec 4 000 000 de têtes chargées sur des trains chaque année. C’était le plus grand centre d’expédition au monde, surpassant tout ce qui se trouvait en Australie à l’époque.

Il y avait quand même un souci dans cette nouvelle ville, il n'y a pas d'eau à proximité. C'est devenu un grave problème dès les premiers jours à Arminto.

L’eau potable devait être transportée en ville. Des citernes ont été construites dans chaque maison et des citernes plus grandes pour le magasin et l’hôtel Big Horn. Une citerne communautaire a aussi était construite qui offrait une pompe à main pour que les habitants puissent puiser de l’eau potable.

Une année, une équipe qui fait des films à Hollywood est venue à Arminto et a offert 20 000 $ pour acheter le bar en cerisier de l’hôtel Big Horn, avec son immense miroir, pour un film de Far West. Mais le propriétaire, J.L Marquis a refusé.

Arminto dans des chariots à quatre chevaux au cours des premières années, mais ces chariots tirés par des chevaux ont été progressivement remplacés par des camions et les premiers Ford Model T.

Le magasin Arminto se trouvait en face de l’hôtel. Il transportait des marchandises générales, du lait et des produits d’épicerie et avait fait installer une pompe à essence à l’avant.

Gretchen a été le dernier exploité le bureau de poste et l’hôtel après avoir acheté toute la ville en 1967.

La dernière fois que la ville a fait parler d’elle, c’était en 2001, lorsque  2 trains sont entrés en collision. Un mécanicien, Mike Hoover, 48 ans, de la Burlington Northern and Santa Fe a été tué lorsque son train a heurté un train au ralenti.

Tout ce qui reste de la communauté autrefois dynamique qui a atteint un pic de population de 218 habitants en 1928, ce sont quelques bâtiments abandonnés, quelques résidences privées occupées par les 5 derniers habitants et des souvenirs de ce qu'était autrefois Arminto. Des traces de fondations, les quelques marches de l'hôtel, les vieux puits et quelques planches éparpillées, c'est tout ce qui reste a voir à Arminto.

Il y a bien le cimetière qui rappelle qu'Arminto a bien existé. Pas de chemin, pour y aller, il faut marcher au milieu des buissons d'armoise. J'y ai vu une tombe avec 2 noms, de Roy Wilson Hall et de Pauline R. Hall, ensuite que des sépultures anonymes ou bien les noms se sont effacés avec le temps.

Le comble est que l'highway 26 qui va de Casper à Shoshoni construite bien plus tard, ne passe pas à Arminto, mais à la ville abandonnée Woolton, qui avait changé de nom pour devenir Wolton est avait perdu un O dans son nom pour ensuite être appelé Hiland.


Marquette la ville engloutie (20/09/2019)

Il existe des dizaines de villes fantômes dans l'État du Wyoming, mais deux sont sous l'eau, l'une est "Marquette". (L'autre ville est Kane, voir l'article suivant). En 1878, trois ans avant que Buffalo Bill pense a construire Cody, George Marquette se rendit dans bassin de Bighorn, l'un des premier colon blancs dans la région. George Marquette construit un ranch et cultive le long de la Shoshone River.

Les personnes qui arrivent et s'installent aussi a coté du ranch, appellent George Marquette "Oncle George". Avec les nouveaux venus, ils construisent un bureau de poste, un salon de coiffure, un magasin général, une école et même un dancehall avec le saloon.

George Marquette était un vagabond avant d'arriver là, il avait aussi servi dans la 5ème milice du Missouri, le 11ème du Minnesota et dans la guerre civile. Prospecté dans le Colorado puis arrive dans le Wyoming. Il était très bon joueur de violon et on faisait appel à "Oncle George" pour animer les soirées. Les danses étaient très populaire dans les années 1880 et les gens parcourraient des kilomètres rien que aller danser.

C'est en 1903 que le gouvernement fédéral prit en charge le projet de construction du barrage. Les travaux ont commencé vers 1906 et la petite ville de Marquette a disparu sous les eaux. "Oncle George" Marquette était connu de tout le monde dans la région, mais lui, connaissait très peu de monde parce qu'il ne sortait pas beaucoup de son ranch. Le journal du 29 novembre 1906 annonça le décès de George Marquette, il serait mort dans son ranch d'Apoplexie. Il avait environ 65 ans.

Le nom de la ville de Marquette reste dans les esprits des habitants de la région. Maintenant, si vous voulez visiter Marquette, il faut être très bon nageur, parce qu'elle est aujourd'hui sous l'eau, aux pieds du barrage "Buffalo Bill Dam".


Kane (22/05/2023)

C'est la deuxième ville engloutie et elle à son fantôme.

Kane est une ville fantôme qui existait à 3,2 km au sud du confluent de la rivière Shoshone et de la rivière Bighorn dans le comté de Big Horn. La ville est nommée d’après Riley Kane qui était un cow-boy local connu.

 En 1832, le convoi de wagons du capitaine Bonneville passa par Kane. Ils étaient tirés par quatre mulets, quatre chevaux et quatre bœufs. Avec cette route, Bonneville a établi un poste de traite près de Cody, mais à abandonné le projet en raison des hostilités avec les Amérindiens locaux.

La petite ville qui à commencé a sortir de terre en 1895, était en proie à des vents violents qui provoquaient des tempêtes de poussière.

La petite ville Kane a commencé comme point d'expédition de bois, le bétail et de moutons. La ville était située sur le chemin de fer de Chicago, Quincy et Burlington. La voie de chemin de fer est toujours là. En 1912, la ville se composait de 4 maisons en rondins, une maison à ossature et un petit bâtiment en blocs de gypse (grosses pierres) qui servait de magasin à Kane.

La petite ville était devenu un important centre de transport. Il y avait même un ferry, le "Kane Ferry" qui était la seule traversée de la rivière Bighorn au Nord de Greybull.

Les personnes principales de la ville étaient "Grand-mère Neely" qui dirigeait l'hôtel et la pension, elle était aussi de temps en temps le docteur. Mlle Edith Scott enseignée à la petite école construite en 1906. Mr Rhodes dirigé la minuscule et première banque d'État construite en 1918.

John Smith et ses fils dirigeaient le Kane Ferry.

Dans les années 1930, Kane a bien grandi et on y trouvé une vrai banque, 2 magasins généraux, 2 hôtels, un motel, une salle de danse et de billard, un pensionnat et une école. Au cours de cette même décennie, la route Dayton-Kane a été construite à travers les Bighorns. Un pont routier a été érigé et le Kane Ferry a cessé ses activités. Pour profiter du commerce touristique, plusieurs stations-service et un autre motel ont été ouverts. Personne ne savait que 30 ans plus tard, cette ville en pleine croissance allait être détruite.

La ville a prospéré comme n’importe quelle autre ville du Wyoming jusqu’en 1965, date à laquelle le barrage de Yellowtail a été construit.

Alors que le barrage "Yellowtail" (queue jaune) dans le Montana était presque terminé, le Bureau of Reclamation savait qu'une pleine capacité du lac Bighorn inonderait Kane. Ils ont condamné la terre et l'ont achetée à la communauté. Les habitants de Kane ont vendu leurs maisons et leurs terres au gouvernement fédéral. Lorsque le barrage a été achevé, la zone entourant Kane a été inondée par le réservoir du lac Bighorn. Contrairement à de nombreuses villes détruites par la construction de barrages, aucun effort n'a été fait pour rétablir Kane sur un nouveau site. En 1967, la montée des eaux du lac a fait taire à jamais le bourdonnement de la ville. Kane était devenue une ville fantôme et la montée des eaux du lac s’occupait du reste.

Aujourd'hui, le cimetière Kane, le chemin de fer et les anciennes parties du pont sont tout ce qui reste de cette petite communauté. Quand l'eau est basse vous pouvez voir les bâtiments ou même le motif des rues de la ville.

La ville de Kane a disparu, mais certainement pas oubliée. Bill Scott, qui a vécu à Kane, a écrit dans son livre "Pioneers of the Bighorn" en parlant de la ville qui passe de la poussière à la boue, disparu mais pas oublié.

Pour revenir au cimetière que l'on appelle "The Blue Lady of Kane Cemetery", à une légende locale d'une femme aux reflets bleus qui erre dans l'eau près du cimetière à la recherche de ses enfants perdus. L'histoire raconte que son mari a noyé ses enfants dans une rage de jalousie, et qu'elle s'est suicidée par chagrin et continue de chercher ses enfants dans l'au-delà.

Ceux qui ont vu le spectre disent qu'elle semble belle de loin, avec une étrange lueur bleue sur sa peau et ses vêtements, mais une fois que vous vous êtes rapproché d'elle, elle s'est révélée en fait assez laide. On dit aussi que si vous passez trop de temps en sa présence, elle pourrait décider de vous emmener dans les profondeurs du réservoir à la place de ses enfants perdus.

Je n'ai pas vu "The Blue Lady", mais juste aperçu une partie du cimetière et distinguait quelques bâtiment.


Bosler (02/11/2024)

Si il y a un endroit dans mon Wyoming ou le temps s'est arrêté, c'est bien à Bosler, dans Albany County.

J'y passe régulièrement, et je ne peux m'empêcher de m'arrêter. Je me dis toujours qu'il y aura bien quelque chose de changer depuis la dernière fois ou nous sommes passé, quelques chose qui a bougé...

Mais non, quelqu'un a appuyé sur le bouton pause, et on attend qu'un doigt vienne pousser le bouton play...

Bosler se trouve le long des routes américaines 30 et 287 au nord de Laramie. Apparu en 1909 et commencé comme une ville de transport de bétail et de chemin de fer, et son nom vient de James Williamson Bosler, un éminent baron du bétail de la fin du 19ème siècle. 

Les frères James W. Bosler (1833-1883) et John Herman Bosler (1830-1897) sont arrivés dans mon Wyoming dans les années 1860 et ont travaillé comme éleveurs de bovins pour l'armée et les Amérindiens du Wyoming, du Colorado et du Nouveau-Mexique. La famille Bosler possédait dans la région, 2 ranchs, dont le Diamond Ranch et divers entreprises.

Une chose à savoir, c'est que la ville faisait partie du ranch Bosler, la ville était sur leur terrain.

Quand on lui donna son nom de ville en 1909, il y avait bureau de poste, une banque, une église, 2 hôtels, un saloon et de nombreuses maisons. L'un des motels avait été transformé en magasin, dans l'autre motel, il n'y avait pas de plomberie intérieure. Il y avait 4 cabanes et les toilettes à extérieure.

Au départ, Bosler était un peu plus à l'Ouest dans la prairie, mais quand le chemin de fer s'est déplacé plus à l'Est et a construit une gare, Bosler a suivi. 

Lincoln Highway passe à Bosler à partir de 1913. Ce n'est qu'en 1925, lorsque l’autoroute Dwight Eisenhower (ou Lincoln Highway) a été légèrement déviée à l’Est de la ville, que les entreprises de Bosler ont également déménagé à leurs emplacements actuels.

Le recensement de 1940 a montré qu'une population de près de 300 habitants habitait Bosler.

Un fils Bosler, Frank (1870-1918) était engagé dans le secteur bancaire à Carlisle, en Pennsylvanie. Tout en conservant des intérêts et une résidence à Carlisle, Frank est venu dans le Wyoming et est devenu président et directeur général de la Diamond Cattle Company, propriétaire majoritaire de l'Iron Mountain Ranch Company, l'un des propriétaires et directeur général de la Rock Creek Conservation Company, directeur de l'Iron Mountain Alloy Company et propriétaire du ranch Ione.

Il a organisé la première Rock Creek Conservation Company qui a lancé le projet d'irrigation développant l'agriculture dans la région de Rock River. C'est ce projet d’irrigation en 1907, a fait exploser la population presque du jour au lendemain.

Un autre Bosler, Frank C. Bosler Jr. (1916-1993) a passé la majeure partie de sa vie dans Albany County, dans le Wyoming. Avec sa mère, Elizabeth, il possédait et exploitait plusieurs grandes propriétés de ranch près de Rock River et McFadden, dans le Wyoming. Il a également été commissaire du comté d'Albany.

Une grande famille Bosler qui a aidé au développement de la région.

Mais le grand changement majeur à Bosler s’est produit dans les années 1960 lorsque l’Interstate 80 a envisagé de contourner Bosler et les autres communautés le long de l’autoroute 30. Les habitants sont partis, mais pas les vieux véhicules, et on aimerait qu'ils racontent leur histoire, ou le passé de Bosler.

Il y a quelques temps, je suis entrée dans l'école, accompagné du gardien.

L'école est un bâtiment impressionnant de 2 étages. Elle aurait fermé en 1983. A l'intérieur j'y ai vu du vieux mobilier, une étagère avec des livres en reliures qui donnés l'impression d'être déposé récemment, une vieille machine à coudre, des blocs moteur et même une moto. A l'arrière de l'école, il y avait un abri anti-bombes. A un moment, un jeune couple avec des enfants avait acheté l’école pour la restaurer et la sauver. Mais il s'est avéré que le bâtiment était plein d'amiante et qu'il y avait trop de travaux à faire.

Aujourd'hui tout est barricadé et des planches protègent toute intrusion.

On dit que la dernière entreprise à fermer est le saloon, mais un magasin de meuble serait encore en activité, le "Doc's Western Village" même s'il semble à l'abandon et que j'ai l'impression que rien n'a bougé depuis des années.

Aujourd’hui, la population se situe autour de 10 âmes.

Malheureusement à l'abandon, mais Bosler mérite un petit arrêt pour quelques photos. Les véhicules abandonnés sont toujours visibles de la route. Bosler, fut l'une des nombreuses victimes de la modernisation de l'Amérique. Semblable à d'autres petites villes de mon Wyoming qui parsemaient le paysage de l'Ouest américain du début au milieu du XXe siècle, Bosler à presque disparut complètement.

Même si on ne le ressent pas, nous sommes à plus de 2000m d'altitude.

Même si je n'y ait jamais croisé une âme vivante à Bosler, chaque année il y a un festival, le Tom Horn Days, et là il y a du monde, mais je n'ai pas encore eu le temps d'y assister.

Malheureusement à l'abandon, mais Bosler mérite un petit arrêt pour quelques photos. Les véhicules abandonnés sont toujours visibles de la route.

Une petite anecdote avant de terminer; la famille Bosler a un lien dans la vie de Tom Horn et John Coble, mais ça, ce sera pour une autre histoire.

Bosler a fait parler le 22 août 2020 avec le déraillement d’un train de l'Union Pacific qui transportait du Grain maïs. Je suppose que les restes ont dû remplir le ventre de beaucoup d'antilopes.


Gebo (19/02/2023)

La ville a été créée en 1907 et porte le nom de Samuel Wilford Gebo, immigré du Canada, fondateur de la société Owl Creek Coal Company. Gebo était connu pour être la ville parfaite pour l’industrie du charbon en plein essor. Gebo a justement été prospère avec plus de 2000 résidents à son apogée et cela a duré jusqu'en 1938. Environ 1600 ouvrier travaillaient pour la mine de la Owl Creek Coal Company.

La ville avait une salle de billard, une école, une banque, des pensionnats, une fanfare de la ville, une piscine, une boucherie, une poste et, à l’extérieur de la ville, une autre installation pour les mineurs solitaires. Elle était la plus grande ville du comté de Hot Springs, dépassant même Thermopolis en population. 

Mais elle a été lentement abandonnée par ses habitants alors qu’ils cherchaient un emploi stable et une vie meilleure. Gebo est devenue une ville fantôme.

En 1971, des dizaines de bâtiments abandonnés s’effondraient et le Wyoming a décidé que la ville était dangereuse et devait disparaitre pour éviter toute accident. La majeure partie de la ville a été rasée au bulldozer et pour l’histoire de Gebo c'était terminée. Bien que certains bâtiments en pierres soient toujours debout, enfin je dis debout, mais c'est un peu exagéré, ils s’effondrent peu à peu, altérés par les vents du Wyoming et des décennies de négligence.

Je remarque qu'il y a plusieurs cimetières presque intacts, et ils semblent figés dans le temps. Je constate tristement que la plupart des tombes sont le dernier lieu de repos des enfants et des bébés.

Dans les récits que je trouve dans la bibliothèque de l’American Heritage Center, à Laramie, Gebo est vraiment un fantôme ville. De nombreux visiteurs rapportent avoir entendu des gémissements, des cris et des voix distinctes des vents qui fouettent l’air. Il y a un sentiment de malaise que la plupart des gens éprouvent, comme si cette ville n’était pas vraiment abandonnée, bien qu’il n’y ait personne en vue. Je n'ai rien entendu ou constaté par moi même.

Grâce à Mileva Maravic (1912-2003) qui a passé son enfance à Gebo, nous en apprenons beaucoup. Elle avait pris des nôtes et ses papiers contiennent des documents historiques qu’elle a recueillis sur la ville. Sont également incluses des souvenirs de Mileva Maravic et d’autres résidents de Gebo.

Voici ce que l'on peut lire; "Tout appartenait à l’entreprise Owl Creek Coal Company: les maisons, les magasins, les services publics. Le loyer était gratuit. L’entreprise a facturé 1,00 $ pour un chargement de charbon apporté dans un camion et l’a vidé dans le hangar à charbon près des maisons pour que chacun puissent se chauffer. Quelques-uns ont choisi de construire leur propre maison ou ont ajouté quelques pièces à leur maison d’entreprise". Je lis aussi que Gebo était un creuset de nationalités et de cultures. Il y avait des Finlandais, des Tchèques, des Serbes, des Hongrois, des Bulgares, des Russes, des Italiens, des Ecossais, des Irlandais, des Anglais et deux familles Japonaises. Je remarque qu'elle ne parle pas d'Allemand, alors qu'il y en avait beaucoup des le Wyoming.

Mileva Maravic explique encore que dans la cour de récréation de l’école il y avait des balançoires, un toboggan, des barres et un manège. En ville, les toilettes public extérieures, marqué BOYS et l’autre GIRLS.

Pratiquement personne ne connait cette ville, même s'il ne reste quasiment plus rien, il fallait que je vois ça par moi même. 

Pour aller voir Gebo, nous quittons très tôt le matin (comme toujours) Thermopolis par la Highway 20 vers le Nord.

En arrivant à l'intersection avec Kirby, je dois résister et ne pas tourner à droite pour aller boire un bon Wyoming Whiskey, c'est là que ce trouve l'entreprise.

Bref, revenons à Gebo, donc en arrivant à l'intersection, il faut tourner à gauche et prendre Sand Draw Rd. Attention, si vous n'avez pas de véhicule tout terrain, n'y allez pas. Plusieurs chemins en terre ce présentent devant nous, prendre a droite et continuer jusqu'à ce que quelques chose qui attire notre attention. C'est bien des restes de bâtiments que l'on aperçois.

Nous décidons de laisser notre Chevy là et de continuer a pied. Des traces de maisons sont bien visibles, même un premier petit cimetière avec quelques tombes dont une qui à l'air récente, mais j'ai l'impression que quelqu'un s'en occupe, certainement la famille.

Je trouve que Gebo est un endroit est magnifique, et que même si la vie était rude à l'époque, il devait être bon de vivre ici, nous ne regrettons pas d'avoir fait le chemin.


Carter (06/05/2023)

Ce petit bourg n'aurait jamais existé si l'un des ingénieurs du chemin de fer qui était à Fort Bridger pour le tracé de la futur voie qui devait passer par le Fort. Mais ayant trop bu, l'ingénieur se vit refuser un dernier verre. De se fait, il dévia le trajet de la nouvelle voie ferrée et elle est passée plus au nord, a environ 9 miles.

Ce qui a entraîné la construction d'une Station à la jonction du chemin de fer et de la nouvelle route construite de Fort Bridger au nord vers 1865. Le nom de Carter est donné en l’honneur du juge William A. Carter.

C'était l'endroit idéal pour des approvisionnements en eau, en bois et en charbon nécessaires aux premières locomotives à vapeur.

Carter à l’occasion de s'agrandir. En 1868, la gare de Carter se composait d’un bureau de fret, d’un bureau télégraphique et d’une salle des passagers dans un seul bâtiment. Au début des années 1870, la ville comptait deux magasins, un bureau de poste, un saloon, un restaurant, un hôtel, une école et un château d’eau.

Des emplois sont fournis par le chemin de fer et de nombreux hommes et leurs familles arrivent en ville. Non seulement les hommes et les femmes étaient nécessaires pour des emplois sur le chemin de fer tels que contremaître, télégraphistes et travailleurs du charbon, mais les habitants de Carter remplissaient d’autres professions nécessaires telles que professeur d’école, maître de poste, magasinier et employés d’hôtel. Carter était rapidement devenue prospère.

Jim, un homme d'un certain âge m'explique que pendant la 2e guerre mondiale, les trains de troupes passaient par Carter et ils s’arrêtaient pour le plein de charbon et les soldats baissaient les fenêtres et donnaient de l'argent aux enfants et leurs demandaient d’aller au magasin chercher quelque chose.

Il me dit aussi que l’une des choses qui lui manque vraiment, ce sont les parcs à bestiaux. Beaucoup de bovins ou de moutons étaient chargés dans les wagons en direction de l'Est.

Jim me montre quelques photos de sa collection. Les gens étaient heureux de vivre à Carter.

Avec la modernisation des trains, passant du charbon à l'électricité, Carter allait devenir peu a peu abandonnée. Les locomotives à vapeur ont été remplacées par des locomotives fonctionnant à l’électricité et au carburant diesel. 

A la grande époque, Carter a eu jusqu'à 200 habitants à la fin du 19è siècle, mais aujourd'hui il reste 10 personnes.

Aujourd'hui, il y a une ancienne école ou une église à l'entrée de la Ghost Town qui est encore en assez bon état. Quelques vieilles maison abandonnées et en ruines, les traces de la gare, le vieux saloon ou hôtel, un hangar délabré. Deux maisons semblent encore habitées et entretenues.

Carter est dans le Sweetwater County qui est le plus grand comté de mon Wyoming, je pense même qu'avant de devenir Sweetwater County il s'appelait Carter County.

Si vous passez par Carter, arrêtez vous et imprégnez vous de l'atmosphère du vieil Ouest qui y règne encore.


Superior (19/12/2024)

Comme souvent à cette période, les villes voyaient le jour grâce à la découverte de charbon, c'est ainsi que White City a été créée. White City est son premier nom, mais on l'a aussi appelé Reliance jusqu'en juillet 1906 avant de devenir Superior.

Au tout début, la ville n'était que des tentes, il y avait de l’eau potable d’une source voisine et a eu une abondance de cerfs, d’antilopes et de poulets sauge. Depuis les collines environnantes, les tentes ressemblaient à un grand champ de blanc, c'est ainsi que le campement a acquis le nom de White City, même après que les tentes aient été remplacées par des bâtiments en bois et en briques.

Le froid d'hiver est très dur à Superior, en raison de sa situation en hauteur, le vent soufflait souvent. La ville était appelé également "La Petite Sibérie" en raison des températures qui descendaient à -30 degrés. Et par contre l'été et souvent très chaud tournant autour de 40 degrés.

Vers 1903, des plans furent élaborés pour la construction d'une ligne de chemin de fer. Une gare fut construite, qui comprenait un bureau, une salle de fret et des logements pour les agents.

Quelques maisons en bois commencent à apparaître en ville et le premier magasin a été établi en 1905 par l'Union Pacific Coal Company. Ce magasin, connu sous le nom de Company Store, était le centre de l'activité commerciale du camp en raison du système de prélèvement.

Dans les premiers bâtiments bâtis, il a un magasin qui existait déjà dans une tente et qui a eu de vrai mur construit dans une cabane en bois en 1909. Le Feltcher Cohen Store vendait surtout des produits secs. La même année arrive le Combination Saloon.

L'Union Mercantile a été également fondée en 1909 et appartenait à l'origine à Joe Berti et John Bertagnoli. Ce magasin a servi Superior jusqu'en mars 1956, date à laquelle le stock a été transféré à l'Union Mercantile à Rock Springs.

Le Workingman's Store a été fondé en 1910. August Wilson en fut le premier gérant. Mais le 28 décembre 1913, un incendie éclata dans le Combination Saloon et détruisit presque tout le quartier commercial de  Superior, 5 bâtiments furent détruits dans cet incendie.

Aux meilleurs années de Superior on y compté 2 banques, un garage, une station-service, un magasin, un Laundry, un magasin Western, le Workingman's détruit par un incendie, un cordonnier, un dentiste, un Hôtel, un Drug Store, un Duzik Grocery Store, un Beauty Shop, le Jackson Café, le Gratton Café, un Barbier Shop, le Palace Bar, le White City Bar, qui était le plus luxueux, une boucherie, un atelier de réparation de chaussures, un hôpital, une épicerie, des salles de billard, les maisons de prostitution et bien sur les saloons.

C'était une ville de plus de 3000 personnes, attirée par les mines de charbon souterraines. Dans les jours passés Superior était un rendez-vous pour les hors-la-loi, comme les caches que l'on trouve dans les Canyons autour de la ville. C'était le repaire des bandits, Horse Thief Canyon offre des possibilités de cachettes invraisemblables, crevasses, trous dans la roche ou carrément de petites grottes sans compter les innombrables canyons. Il n'était pas rare de voir dans les saloons de Superior des hors-la-loi, hommes ou femmes qui étaient recherchés. Horsethief Canyon doit son nom au ranch historique Horsethief. Il y a de nombreux passages souterrains et grottes à proximité, ce qui était d'un grand intérêt pour les bandits.

En 1911, il y avait la ville Nord et la ville Sud, c'est à ce moment que Superior est reconnue ville, bien que les habitants ont continués longtemps à l'appeler North Superior, South Superior et même White City. Le premier maire de Superior fut Feliz Jackson.

En 1911 c'est une pharmacie qui s'installe, et en 1912, le Crystal Theater, géré par M. et Mme A. Markanen qui passaient des films muets accompagnés de musique jouée au piano.

Ce qui a attiré du peuple, c'est l'ouverture des mines par la Superior Coal Company. La mine Superior C ouvrit en 1903, suivie de A en 1905, B et D en 1906 et E en 1910. Par contre, je ne sais pas pourquoi les mines n'ont pas été nommée dans l'ordre de l'alphabet, A, B, C, D et E, mais en commençant par C.

Lors du recensement de 1936, trente-trois nationalités ont été représentées sur la liste de paie de l’Union Pacific Coal Company, société qui dirigeait les mines autour de "Superior". Il y avait des Autrichiens, Italiens, Anglais, Finlandais, Slovènes, Grecs, Écossais, Croates, Japonais, Russes, Suédois, Allemands, Irlandais, Polonais, Serbes, Mexicains, Hongrois, Gallois, Canadiens, Belges, Français, Bulgares, Danois, Espagnols, Hollandais, Roumains, Australiens, Monténégro et Chinois. Les asiatiques étaient en grand nombre.

Les mineurs japonais résidaient généralement à l'écart, dans une ville séparée près de la mine appelée Jap Town.

Superior était un melting-pot de races, de religions, de nationalités, de cultures, mais aussi de musiques. Grandir dans une ville comme celle-ci vous apprend à apprécier les différences entre les gens.

La première banque qui est apparue est la First Bank of Superior, puis une deuxième appelée South Superior Miner's State Bank. Cette banque était une succursale de la Rock Springs First Security Bank. Ces deux banques ont cessé leurs activités après la dépression.

Le maire change en 1913, c'est August Paulson qui prends le relais, et décide d'une nouvelle loi pour la ville. Il interdisait aux animaux et au bétail de courir en liberté en ville et les déclarait nuisibles, et prévoyait une sanction pour ceux qui enfreignaient cette loi.

Cependant, au cours de l’épidémie de grippe de 1918, de nombreux habitants de Superior sont morts. Les malades ont été hébergés dans une maison qui se trouvait au bas de la colline, une maison appelé ""plague house" (la maison de la peste).

Un imposant bâtiment attire notre attention en arrivant à Superior, l'ancien "Union Hall". Dans cette petite ville à l'abandon, presque une Ghost Town, nous nous arrêtons toujours pour voir cette grande bâtisse.

Quelques pancartes nous explique que "Union Hall" a été construit en 1921 par six habitants, des Travailleurs des mines pour accueillir les activités syndicales et communautaires dans la ville minière de Superior. Le plan de la salle principale de briques de deux étages est un parallélogramme, unique pour son temps dans le Wyoming.

Un parallélogramme est un quadrilatère qui à ses côtés opposés parallèles, ne vous inquiétez pas, moi aussi j'ai chercher ce que c'était.

 l'apogée de Superior, "Union Hall" abritait des cabinets de médecins et de dentistes, un bowling, une épicerie, des salles danses à l’étage, une scène de théâtre, ainsi qu'un saloon.

C'était un endroit ou toute la ville ce retrouvait. De plus, les églises épiscopale, mormone et catholique y organisaient des services. Plus tard, les catholiques construisirent leur propre église à South Superior.

Avant que le plus grand bâtiment "Union Hall" est été construit, il y a eu un autre grand édifice 1909, l'opéra. Un immeuble massif, qui se composait d’une cuisine, d’une scène, d’un beffroi, d'une piste de danse, un gymnase et de plusieurs autres petites pièces.

En raison de sa performance exceptionnelle dans le jeu d’acteur et d’opéra, la structure a rapidement obtenu le nom "Opera House". Mais en 1944, l’Opéra est devenu une patinoire à roulettes.

Il a malheureusement brûlé le 7 janvier 1962. Le début de l’incendie a été les fils électriques dans le toit. Quand les pompiers sont arrivés, tout le bâtiment était en flammes. Les services d’incendie supérieurs ont commencé a combattre l'incendie et les pompiers de Rock Springs ont été appelés pour aider à combattre et à le maîtriser le feu. L’Opéra était trop éloigné de Rock Springs pour essayer de sauver l'immeuble. La chaleur était si intense qu’elle à fait fondre les antennes de télévision et les bâtiments brûlés autour.

Avec la fermeture des mines de Superior dans les années 1960, le bâtiment a été vendu en 1964, puis transformé en café, mais l’entreprise n’a pas prospéré et la salle a été abandonnée.

Le "Union Hall" a été restauré en parti et a été ajoutée au Registre national des lieux historiques en 1983.

Aujourd’hui, seulement un peu plus de 180 âmes maintiennent en vie cette ville fantôme isolée. ce qui est étonnant c'est la propreté de "Superior", rien ne traine, tout est propre, les quelques habitants entretiennent plus de cinq acres de parcs, deux toilettes publiques modernes, un terrain de baseball, un terrain de basket-ball, des terrains de jeux pour enfants, un court de tennis éclairé, des tables de pique-nique et des arbres qui donnent de l'ombre etc...

Si aujourd'hui, Superior est considérée comme une Ghost Town (ville fantôme), c'est une petite ville qui regorge d'histoire de l'Ouest. Explorez les mines abandonnées autour de la ville, les autres villes fantômes et leur tout nouveau musée pour vous familiariser avec ce coin du comté de Sweetwater.

Depuis 1983, la Chambre des syndicats de Superior, Union Hall, est listée au Registre national des lieux historiques.

A voir aussi, le cimetière, appelé Montgomery Cimetery. Il est sur le bord de la route en arrivant, mais difficile a apercevoir. Je l'ai trouvé grâce à Eddy, le propriétaire du Horse Thief Saloon ou je m'arrête toujours boire un café et discuter. Horse Thief Saloon qui veut dire le Saloon des voleurs de chevaux.

Le vieux cimetière est recouverts d'armoise, beaucoup de pierres tombales ne sont plus trop visibles. La majorité des enterrements dans ce cimetière ont été effectués entre 1900 et 1923, bien qu'une nouvelle section ait été ouverte au public en 1994.

A Superior les nuits révèlent plus d’étoiles que nul part ailleurs, tandis qu’un calme règne sur la région. L'un des seuls bruits qui nous fait sortir de notre rêve et le hennissement de chevaux. Ici, ils sont en liberté et traversent la route tranquillement.

Sur l’Interstate 80, il y encore quelques temps, il y avait encore un panneau, il proposait de visiter la ville fantôme vivante Superior, mais l'indication a disparu aujourd'hui.

La devise de "Superior" est "laissez le monde passer".


Cumberland (17/12/2025)

Une ghost town à 17 milles au Sud de Kemmerer, qui a eu plusieurs noms, en plus de Cumberland, son nom était aussi Little Muddy ou Camp Muddy.

La ville se composait de quatre camps de mineurs, Cumberland n° 1, Cumberland n° 2, South Cumberland et Cumberland Gap. Les camps appartenaient à la société de l'Union Pacific Coal Compagny et ont été ouvertes en 1900 après la découverte de 2 gisements par l'ingénieur en charge de la mine, August Paulson qui sera par la suite maire de Superior, une autre ville de la Union Pacific Coal Compagny.

Pourtant, bien avant 1900, la première trace d'un gisement de charbon dans le Wyoming fut faite par la deuxième expédition Frémont guidé par les célèbres Kit Carson et Thomas "Broken Hand" Fitzpatrick en 1843.

Le surnom de "Broken Hand" a été donné par les Amérindiens après qu'il a perdu 2 doigts de la main gauche lors de l'explosion d'un mousquet.

Cumberland a vu le jour en 1900 d'abord sous le nom de Camp Muddy, lorsque la Union Pacific Coal Company découvrit 2 riches gisements de charbon au Sud de Kemmerer. La ville se développa rapidement et se composa de 4 camps, abritant environ 350 familles venues d'Italie, de Russie, d'Autriche, de Pologne, de Finlande, Hongrie, du Pays de Galles, d’Écosse et de la région de Slovène en quête d'un avenir meilleur.

Il y avait des magasins, des écoles, un bureau de poste, une salle publique, 1 saloon, 2 églises, une mormone et une catholique.

L'un des premiers magasins JC Penney "Golden Rule" a eu l'opportunité d'ouvrir et le gérant fut Earl C. Sams (1884-1950) qui deviendra le président de la société.

En 1907, Earl C. Sams, âgé de 23 ans, fut embauché par M. J.C Penney au magasin de Kemmerer, mais fut rapidement muté au magasin de Cumberland avec un salaire de 75$ par mois. Grâce à la participation aux bénéfices, Sams gagna 1 500$ la première année, dont il économisa 1 000$. En 1913, l'entreprise Penney fut constituée en société conformément aux lois de l'État de l'Utah. En 1917, il fut nommé président de la société et occupa ce poste jusqu'en 1946, date à laquelle il devint président du conseil d'administration. Il conserva cette fonction jusqu'à son décès en 1950.

Le charbon de Cumberland était si précieux qu'un énorme bloc de 6 tonnes fut envoyé à l'Exposition universelle de Saint-Louis en 1905. À son apogée, Cumberland produisait un million et demi de tonnes de charbon en 1905.

Au cours des premières années, le contremaître des camps faisait office de médecin, remplacé par la suite par un vrai médecin de la compagnie qui desservait les petites villes. Mais l'hôpital le plus proche se trouvait à 17 miles de là, à Kemmerer, et impossible à atteindre en hiver, sauf à cheval et après plusieurs jours de route.

Un cours d'eau, Little Muddy Creek, passe à quelques mètres de Cumberland qui devait certainement alimenter la petite ville.

Il y a eu jusqu'à 25 mines autour de Cumberland et chaque camp, le 1, le 2, le South Cumberland et le Cumberland Gap comptait environ 350 habitants chacun.

Cumberland n° 1 et n° 2 qui ont ouvert en 1900, ont respectivement fermé en 1927 et 1930.

Mais ces années fastes furent aussi marquées par des épreuves, en 1912, des catastrophes coûtèrent la vie à des mineurs et ébranlèrent la communauté. Aujourd'hui, Cumberland est une ville fantôme. Ses maisons, ses sites miniers et ses voies ferrées ont presque disparu, ne laissant derrière eux que quelques ruines encore visibles et de temps en temps des morceaux de métal et de vaisselle cassée apparaissent sur le sol, vestiges fantomatiques d'une communauté jadis animée et tumultueuse.

Le petit cimetière discret, paisible au riche passé historique et visible de la route. Il reste quelques tombes dont certaines nous rendent un peu triste. Beaucoup sont celles de nourrissons et d'enfants.

Après avoir visité le cimetière et après avoir lu dates sur les pierres tombales, je me suis demandé pourquoi les années de décès étaient si proches. Après avoir fait mes recherches à la bibliothèque de Kemmerer, j'ai maintenant une idée. La date des décès sont de l'époque où la grippe espagnole tuait tant de personnes et surtout les plus jeunes.


Lonetree (21/02/2025)

Tout a commencé par un ranch, Frank et Ivy Wadsworth arrivent au bord de la Henrys Fork River en 1918 et se disent que, Henry's Fork valley, est l'endroit idéal pour construire leur ranch.

Bien qu'avant les Wadsworth, je lis souvent qu'une famille était là bien avant eux. La famille Hickey qui serait arrivé en 1889. Je vais devoir faire d'autres recherches en repassant dans la région.

Bref, en plus de posséder des kilomètres d'eau vive sur la rivière et plusieurs petits ruisseaux qui traversent le ranch, le ranch Wadsworth est également fréquenté par de nombreux animaux, mule deer, elk, moose, tétras et antilope etc...

Il était normal qu'avant d'avoir le nom de Lonetree, ce petit coin de paradis s'appelait Wadsworth.

La région qui est encore sauvage était le terrain de chasse des Amérindiens Ute, Paiute et Shoshone.

Au cours des 60 années suivantes, un empire a été bâti, comprenant plus 49 000 acres de beaux pâturage, en grande partie par leur fils, Glen, et sa femme, Fay, qui ont pris la relève et qui étaient l'un des couples d'éleveurs les plus respectés des Cowboys.

Durant toute ces années, plusieurs bâtiment ont été construit, pour le ranch, mais également pour la communauté alentour. Il y a eu un magasin (photo), un bureau de poste, une école, une salle de danse et même une station service.

Deux anciens cimetières sont encore visible, le Lonetree Cemetery et le Bullock Cemetery, tout deux accessibles en 4x4, mais il faut demander l'autorisation pour y aller.

Lonetree était sur le chemin des hors la loi, et un endroit tout proche ce nomme Hole In The Rock, qui était un repaire pour ces Outlaws, une belle cachette pour ce faire oublier quelques temps.

À la fin du XIXe siècle, quand les éleveurs et les propriétaires terriens ont afflué dans la région, le vol de bétail est rapidement devenu un problème pour les éleveurs, en partie parce qu'on y trouve de nombreux canyons isolés de la région offraient des cachettes faciles aux hors-la-loi. À de nombreuses reprises, Butch Cassidy et sa bande se sont réfugiés dans ce pays après avoir braqué une banque ou un train dans le Wyoming, le Colorado ou le Montana.

Mais la vallée Henry's Fork a une histoire avant Lonetree, avec les premiers blancs qui y passent. William Henry Ashley, explorateur, trappeur et commerçant de fourrures, fut le premier homme blanc connu à avoir visité la vallée d'Henry's Fork. William Henry Ashley a d'ailleurs fait son rendez vous annuel de trappeurs à l'Est de Lonetree en 1825. Trappeurs, Amérindiens et pionniers se rassemblèrent pour une semaine de troc, de rencontres, de compétitions et de

consommation d'alcool. Ces rendez-vous se poursuivirent dans plusieurs vallées des Rockies Mountains chaque année jusqu’en 1840, date à laquelle le commerce des fourrures s’éteignit.

D'autres trappeurs connus travaillaient pour leur compte dans les rivières et ruisseaux, dont Jim Bridger et Jebediah Smith.

En 2009, la famille Taylor a acheté Lonetree Ranch, l'une des exploitations à grande échelle les plus historiques de mon Wyoming. La famille se compose du Dr Robert Taylor, sa femme Maggie Taylor, leur fille Marrisa Taylor et leur gendre/directeur du ranch Zac Schofield, qui gèrent les opérations quotidiennes du ranch. 

Aujourd'hui, ils élèvent toujours du bétail et des chevaux dans le but d'être un ranch de travail économiquement viable.

Maintenant, personne ne peut me dire pourquoi, ce nom, Lonetree, qui veut dire arbre solitaire, parce que des arbres il y en a beaucoup...


Rambler (15/03/2025)

La petite ville était niché au cœur des majestueuses montagnes et serait le plus ancien village minier du district d'Encampment.

Il est difficile de déterminer la date d'apparition de Rambler, mais la mine de cuivre Doane-Rambler, à proximité, était déjà en production en 1895 et des des photos datent de 1896.

La mine Rambler fut fondée par Rumsey, Deal, Ferris et Haggarty dans le cadre de leurs activités d'extraction de cuivre. Elle était en deuxième position en termes de production, derrière la mine de Rudefeha. Le minerai était transporté de Rambler par chariots tirés par des mules jusqu'à la fonderie d'Encampment.

Rambler avait une cinquantaine de cabanes, ce qui fait beaucoup à l'époque. Elle était à 3 kilomètres à l'Ouest du sommet de la ligne continentale de partage des eaux, où les eaux des imposants bancs de neige se séparent pour des destinations opposées, vers l'Atlantique et le Pacifique. Il devait y faire froid, elle était a une altitude de 9321 pieds (2841 m). 

Mike Cannon avait ouvert un premier magasin.

Un deuxième magasin de marchandises diverses a été ouvert, tenu par SH Porter et Aaron Slothhower, suffit à répondre aux besoins du camp. Un magasin plus grand avec un stock de marchandises d'une valeur de 5000$ est géré par M. MF Cannon.

Mais en ville il manquait beaucoup de chose, médecin, avocat, entrepreneur de pompes funèbres, prêtre ou de policier.

Jamais, une personne n'a été tué par balle à Rambler, un record remarquable a cette période de l'histoire de l'Ouest Américain. Bien que des cas de morts par balle aient été signalés mais par accident ou des personnes se tuées en manipulant une arme.

Il n'y a jamais eu de procès dans la ville, et la population n'a jamais écouté un sermon ou un discours électoral. 

Il n'y a qu'un seul saloon à Rambler pour étancher la soif d'un peu moins de 200 habitants. Fletcher et Niece en étaient les propriétaires.

Il existait 2 hôtels, le Seamens House et le Scott House. Le premier est détenu et exploité par M. et Mme M. E. Seamens, et le second par Mme W. E. Scott. Ces 2 hôtels de 2 étages offraient à leurs clients un hébergement de qualité.

Un bureau de poste est créé avec SH Porter est maître de poste. 

Rambler était une ville minière de cuivre située dans le comté de Carbon, qui connut ses meilleures années de 1897 à 1907. Mais la ville n'a pas durée longtemps, en 1910 le bureau de poste a fermé et en 1912 la ville était désertée.

Aujourd'hui il ne reste rien, même si une trace ou deux de constructions sont encore visibles.