Names Hill (30/10/2025)

Un lieu historique et remarquable sur la piste de l'Oregon Trail. Les émigrants s'arrêtaient et gravaient leurs noms dans la roche tendre après avoir traversé la Green River à environ 10 miles (16km) au Sud de La Barge.

Moins impressionnant que les rochers d'Independence Rock et de Register Cliff, mais tout aussi remarquable.

Pour les émigrants, pionniers ou tout autres voyageurs, c'est un site idéal pour se reposer, au bord de la Green River, du terrain pour les animaux et un gros rocher pour s'abriter du mauvais temps.

Mais avant même l'arrivée des émigrants blancs, d'autres avaient déjà gravé leurs noms sur une partie de la falaise. L'aventurier Joseph Goldsborough Bruff, avait fait le trajet vers la Californie en 1849, et était passé devant ce qui deviendra Names Hill.

Il y avait déjà décrit à cet époque, qu'il avait découvert des noms et des dessins fait par les Amérindiens bien avant les émigrants. Il décrivit ce qu'il voyait comme étant de noms, des armes qui ressemblaient à des fusils, un chef indien sur son cheval, et d'autres Amérindiens sculptés dans la roche.

A Names Hill il y a aussi une tombe au nom de Mary Fulkerson, décédée le 14 juillet 1847. Fin juin 1847, la famille Fulkerson, originaire du Missouri, faisait le trajet vers la terre promise. Mais cette famille a eu des malheurs tout au long du chemin.

La famille se composé de James, sa femme Mary et leurs 7 enfants. Ils faisaient partis d'un convoi important de 300 âmes, avec 120 chariots tiré par des bœufs.

Leur quatrième enfant était Frederick, et en traversant la Platte River à la nage, il s'est épuisé à cause du puissant courant et a attrapé froid. 

La famille Fulkerson a continué sa route, mais avec le jeune homme malade, qui n'avait pas 18 ans, couché dans le chariot.

Le garçon ne se remettant pas la famille décident de s'arrêter à côté de Devil's Gate. Mais quelques jours plus tard, nous sommes le 1er juillet 1847, Frederick meurt et sera enterré sur place. Sa tombe est encore visible près de Devil's Gate.

La famille ne pouvant pas rester sur place, reprend son voyage vers l'Ouest. Mais la tragédie frappe de nouveau les Fulkerson. La mère, Mary a de la fièvre, et elle meurt 2 semaines après son jeune fils. Elle est ensevelie à Names Hill. Autour de la tombe de Mary Fulkerson c'était devenu un cimetière pour d'autres personnes. Toutes ces tombes furent détruites par un pipeline dans les années 1930. Seul l'emplacement de Mary est encore visible.

Pour les Fulkerson, les malheurs continus, William Hines, le beau-frère de Frederick, mourut également de la fièvre quelques semaines après, dans ce qui est aujourd'hui l'Idaho.

A l'époque il n'y avait pas les réseaux sociaux pour donner des nouvelles, alors les émigrants gravaient leurs noms sur le rocher afin de signaler à leurs familles qui suivaient qu'ils étaient bien passés là.

A part les inscriptions Amérindiennes, les 2 noms les plus anciens gravés sont certainement JJ Shay en 1825 et Twig en 1832, qui étaient 2 trappeurs.

Dans les noms bien visibles, figure celui du célèbre trappeur Jim Bridger. Pour conserver cet autographe historique, un grillage de protection a été installé. Il est gravé mot pour mot, James Bridger Trapper 1844.

Les trappeurs voulaient passer à Names Hill, qui ne porte pas encore ce nom, parce qu'ils avaient la possibilité de traverser la Green river sur un bac ou ferry. Plusieurs archives montrent que Jim Bridger était associé dans une entreprise de traversier au début des années 1840.

Mais Jim Bridger a t'il inscrit lui même son nom dans le rocher ?

Rappelons qu'il était illettré, il ne savait pas écrire et encore moins lire. Ce qui veut dire que son nom gravé à Names Hill est probablement pas écrit par lui. Beaucoup d'historiens ont contesté l'authenticité de la signature car les documents de l'époque signés par Jim Bridger portent seulement un X.

Ce qui est agréable a Names Hill, c'est que les touristes sont peu nombreux a s'arrêter, pas comme à Independence Rock et de Register Cliff ou c'est devenu des lieux touristiques.


James G. Willie, Edward Martin, ces 1076 immigrants et ces 213 morts (21/07/2025)

James Grey Willie né le 1er novembre 1814 en Angleterre, et deviendra l'un des dirigeants les plus connus des pionniers mormons des charrettes à bras des saints des derniers jours.

Il voit le jour à Murrell Green, en Angleterre et émigre aux États-Unis en 1836 à l'âge de 21 ans et a rejoint l' Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en 1842. Il entendit l'Évangile prêché pour la première fois dans le Connecticut, fut baptisé en 1842 et fit sa première mission en 1843, voyageant et enseignant dans le Vermont, le Connecticut et l'État de New York. Il vient pour la première fois dans le territoire de l'Utah en 1847, au sein du groupe de pionniers mormons de Jedediah M. Grant. En 1852, il retourna en Angleterre comme missionnaire pour l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. C'est à la fin de sa mission qu'il devint un dirigeant du mouvement des saints des derniers jours dans le territoire de l'Utah.

Pendant son séjour en Angleterre, son frère John, propriétaire d'une entreprise de transport maritime, meurt et James hérite d'une importante somme d'argent. Il utilisa une petite partie de ce capital pour ses frais de mission et donna le reste à la Fondation pour l'émigration pénitentiaire afin de financer le passage de nombreux émigrants vers l'Amérique.

Edward Martin, est aussi un Anglais, né le 18 novembre 1818. Il est l'un des premiers convertis à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en Grande-Bretagne. 

L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours fut fondée en 1830, après que les membres de l'Église eurent connu des conflits et des violences dans l'Ohio, le Missouri et l'Illinois.

Brigham Young conduisit les premiers mormons en 1846 vers l'Utah ou ils arrivent en 1847. Ensuite l'église encourage ses convertis d'Europe à émigrer dans Amérique et de 1849 à 1855, environ 16 000 mormons se rendirent aux États-Unis par 2 bateaux transportant plus de 800 émigrants quittent l'Angleterre fin mars et mi-avril.

Ensuite 2 autres navires quittent l'Angleterre, le premier le 4 mai 1856 tardivement avec comme dirigeant James Grey Willie et le second dirigé par Edward Martin, parti 11 jours plus tard. Ce sont des départs tardifs pour la saison.

Les premiers partis arrivent en Iowa et organisent 3 premières compagnies de charrettes à bras, qui arrivèrent toutes saines et sauves à Salt Lake City fin septembre ou début octobre.

Les agents de l'Église mormone à Iowa City ne s'attendaient pas à l'arrivée d'autres émigrants, ceux de James Grey Willie et Edward Martin. 

Ils consacrent des semaines à assembler des charrettes à bras et à équiper les émigrants comme ils peuvent. James G. Willie connaissait bien les dangers de la frontière, c'était un pionnier expérimenté et il aidait un groupe de personnes sans expérience, venues d'Europe, et personne ne savait comment s'y prendre. De plus, la communication était difficile, pace que plus de 20% des membres de son groupe ne parlent pas anglais.

Dans les 2 convois ou James G. Willie était capitaine pour l'un et Edward Martin pour l'autre, avec au départ environ 500 personnes, 120 charrettes à bras, 5 chariots, 70 bovins (bœufs et vaches). C'est une grande responsabilité et un énorme défi de conduire ce groupe de saints en Utah si tard dans la saison. D'ailleurs plusieurs personnes, trappeurs, commerçants, préviennent que c'est dangereux de partir dans le mois d'aout.

Surtout que ce groupe est composée de personnes âgées, de femmes et de jeunes enfants, qui entraînerait souffrances, maladies et décès.

Mais James G. Willie prends quand même la route en aout 1856. Les chariots et charrettes ont aussi subi des dégâts et doivent être réparés rapidement en route. Les 2 groupes atteignent tant bien que mal, Omaha, au Nebraska, ils perdent encore du temps à réparer les charrettes mal construites. De plus, il n'y avait pas assez de graisse.

Avant le nouveau départ d'Omaha, les mormons se réunissent pour débattre de la poursuite immédiate du voyage ou de l'attente du printemps. Ne connaissant pas la piste et le climat, les émigrants s'en remettent aux missionnaires et aux trappeurs présent. L'un d'eux, Levi Savage , leur dit de rester sur place jusqu'au printemps. Il les prévient qu'un départ aussi tardif dans l'année avec une compagnie composée de personnes âgées, de femmes et de jeunes enfants entraînerait que des problèmes. Mais certains membres du voyage écoutent cet homme et restent sur place. Mais la majorité des émigrants, environ 404 personnes (dont Levi Savage), poursuivent le voyage vers l'Ouest.

Durant ce nouveau périple, près de Wood River, dans le Nebraska, les mormons croisent un troupeau de bisons qui provoque une débandade parmi leur bétail et qui leur fait perdre du temps et beaucoup de leurs bœufs et vaches, environ 30 têtes de bétail furent perdues. Ayant moins de bétail pour tirer tous les chariots, ils ont du en abandonner quelques uns et mettre plus de poids dans leur charrette à bras.

Certains mormons, tombent malades ou l'étaient avant de partir et ne peuvent plus marcher et doivent être placés dans les charrettes, ce qui les rends encore plus lourds.

En chemin, ils croisent la route d'un homme d'église nommé Richards qui se dirige vers l'Utah. Mais lui, voyage léger, en calèche et en chariots tirés par des chevaux et des mules, donc beaucoup plus rapide. Voyant leur détresse, il promet d'envoyer du secours dés son arrivée en Utah.

Début octobre, ils atteignent Fort Laramie , dans le Wyoming. Ils espèrent être réapprovisionnés, mais ne trouvent rien. Ils réduisent leurs rations alimentaires, espérant que leurs provisions dureraient jusqu'à l'arrivée des secours de l'Utah. Pour alléger leurs charges, ils abandonnent beaucoup de leurs affaires, vêtements, couvertures, outils et même des meubles.

De son côté, l'homme, Richards, arrive à Salt Lake City le 4 octobre 1856. Le responsable du groupe s'entretient avec Brigham Young et d'autres responsables de l'Église demandant de prévoir un convoi de sauvetage pour James G. Willie et son groupe.

Le 7 octobre, soit 3 jours après, un groupe quitte Salt Lake City avec 16 chariots chargés de vivres et de provisions, tirés par des attelages de quatre mules et 27  hommes servant de conducteurs et de sauveteurs. Tout au long du mois d'octobre, d'autres convois de chariots furent constitués et, à la fin du mois, 250 chariots de secours furent envoyés.

Les compagnies Willie et Martin manquent de nourriture et subissent des températures extrêmement froides. Le 19 octobre, une tempête de neige s'abattit sur la région, stoppant les 2 compagnies de James G. Willie et Edward Martin, mais dans l'autre sens, le groupe de secours est bloqué également dans la neige.

Dés qu'ils pouvaient avancer les convois reprennent la route en longeant la Sweetwater River. Les membres de la compagnie Willie avaient pris un peu d'avance sur Edward Martin, mais ils avaient épuisé leurs réserves de farine et avaient abattu le reste du bétail qui restait.

De nouveau bloqué dans la neige, James G. Willie accompagné de Joseph Elder décident de partir en reconnaissance le 20 octobre à dos de mule dans la neige pour localiser le train de ravitaillement et l'informer de la situation désespérée de la compagnie. Ils trouvent le campement d'un premier groupe envoyé avant les secours, afin de les trouver, près de South Pass ce soir-là, et le lendemain, 21 octobre, ils atteignent la compagnie Willie, apportant nourriture et assistance. Ils leur donnent une petite quantité de farine, et les rassurent de l'imminence des secours, puis une partie du groupe continue leur chemin pour tenter de localiser la compagnie Martin qui a pris du retard.

Pendant ce temps, la compagnie de James G. Willie continue sa route de son côté le 23 octobre, soit 2 jours après l'arrivée du groupe de secours. Ils affrontent la partie la plus difficile du sentier, l'ascension de Rocky Ridge. L'ascension a lieu sous une violente tempête de neige, ils s'enfoncent jusqu'aux genoux et cette nuit-là, 13 émigrants périrent.

Les 13 personnes qui moururent de froid furent enterrées ici dans une seule tombe. Deux autres moururent le lendemain et furent enterrées à proximité.

Le 19 octobre, le groupe Martin se trouvent à environ 112 miles (180km) plus à l'Est. Ils traversent la North Platte River gelée, près de l'actuelle Casper. Peu après le blizzard s'abattit sur eux et de nombreux membres souffrent d' hypothermie ou de gelures après avoir traversé la rivière glaciale.

Ils établirent leur camp à Red Bluffs, incapables de poursuivre leur progression dans la neige. Ils sont resté à Red Bluffs pendant 9 jours a attendre, jusqu'à l'arrivée des 3 éclaireurs le 28 octobre. Mais 56 personnes étaient morts pendant leur attente lorsque le groupe de secours les rejoignit.

Les sauveteurs pressèrent les émigrants de reprendre leur route. Pendant ce temps, d'autres secours arrivent, avec de la viande de bison fraichement abattu. Cette viande sauvent de nombreuses vies, sa valeur nutritive étant bien supérieure à celle des autres provisions. Parmi les secours ce trouve Ephraim Hanks, et prodigue de nombreuses bénédictions et participe à des amputations afin d'enrayer la progression des engelures et de la gangrène, qui auraient tué davantage de mormons.

De leur côté, la compagnie de James G. Willie impuissant face au mauvais temps et de poursuivre leur progression dans la neige, ils atteignent un petit fort abandonné à Devil's Gate ou ils reçoivent l'ordre d'attendre les hommes partis au secours du groupe Martin.

Les sauveteurs qui avaient trouvé le groupe Martin arrivent 3 jours plus tard, au petit fort abandonné à Devil's Gate ou le groupe de James G. Willie les attendait.

Un nouveau départ de Devil's Gate se prépare. L'équipe de secours décharge les bagages transportés de leurs chariots afin qu'ils puissent servir au transport des émigrants les plus faibles.

Un petit groupe, reste à Devil's Gate pendant l'hiver pour protéger les biens restés sur place.

Le groupe Martin part vers Martin's Cove, ce chemin est mieux protégé contre le vent et la neige et la rivière à traverser est moins profonde et moins large. Le mauvais temps force la compagnie Martin à s'arrêter de nouveau 5 jours à seulement quelques miles à l'Ouest de Devil's Gate.

Certains hommes de l'équipe de secours passèrent des heures à tirer les charrettes et à transporter de nombreux émigrants de l'autre côté de la rivière. Les équipes de secours ont escorté les émigrants des 2 compagnies jusqu'en Utah, malgré la neige et les intempéries. À l'arrivée de la compagnie Willie à Salt Lake City le 9 novembre, 68 membres étaient morts de maladie et de froid.

Pour le groupe Martin, n'était pas encore arrivé et des renforts repartirent a leur recherche.

Le 18 novembre, les sauveteurs retrouvent la compagnie Edward Martin avec du ravitaillement afin de poursuivre le voyage. 

A Salt Lake City, 104 chariots transportant la compagnie Martin arrivent à Salt Lake City le 30 novembre 1856. Au moins 145 membres de la compagnie étaient morts pendant le voyage. Nombre des survivants durent être amputés de doigts, d'orteils ou de membres en raison de graves gelures.

Bien avant que les 2 groupent n'arrivent à Salt Lake City, Brigham Young qui est le 2e président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours doit répondre dés le 2 novembre aux critiques envers sa propre direction en réprimandant d'avoir laissé les compagnies partir si tard. De nombreux mormons attribuent la responsabilité de Brigham Young, en tant qu'auteur du plan. Mais a leurs arrivés, la plupart des survivants des groupe Edward Martin et James Grey Willie refusèrent de blâmer qui que ce soit.

Le groupe de James Grey Willie est parti de l'Iowa le 15 juillet 1856, puis d'Omaha le 17 aout. Arrivée à Salt Lake City le 9 novembre 1856. Il y avait 500 mormons au départ de l'Iowa et ensuite 404 d'Omaha. Dans ce groupe il y a eu 68 morts.

Le groupe d'Edward Martin est parti de l'Iowa 13 jours plus tard, le 28 juillet 1856, puis d'Omaha le 27 aout. Arrivée à Salt Lake City le 30 novembre 1856. Il y avait 576 personnes au départ de l'Iowa dans ce groupe. Dans ce groupe il y a eu 145 morts.

Soit 213 mormons qui ont perdu la vie dans ce périple.

Plus tard, James Grey Willie a eu 3 épouses, Elizabeth Ann, Elizabeth Tuttle et Charlotte Ann, il a eu 6 enfants.

Il fut l'un des premiers colons de Mendon, dans le territoire de l'Utah. Il fut successivement maire et receveur de poste de la ville. En 1863, il fonda la première école du dimanche à Mendon. Il fut également conseiller à l'évêché et dirigea un magasin coopératif.

James G. Willie est décédé le 9 septembre 1895. On sait peu de chose sur lui, mais durant le tragique voyage de 1856, il écrivait un compte rendu détaillé dans un journal de tous les membres de la compagnie, y compris ceux qui sont morts pendant le voyage. hélas, son journal a été accidentellement brûlé.

Comme pour James G. Willie, il a eu 3 femmes, Alice Clayton, Jane Gray et Eliza Salmon. Mais question enfants il en a eu beaucoup plus, 17 en tout.

Il est décédé le 8 août 1882, à l'âge de 63 ans, dans le 14e quartier de Salt Lake City.

Les sites historiques mormons des charrettes à bras dans mon Wyoming sont a voir. 

Le site à Devil's Gate - Mormon Historic Site sur l'highway 220 entre Casper et Lander est incroyable. Impossible à voir de la route en venant de Casper et a peine visible en arrivant de Lander, alors attention à ne pas le rater. Environ à 5 miles (8 km) au sud-ouest d’Independence Rock.

La Sweetwater River fraiche et limpide coule au milieu.

Vous serez reçu par un groupe de Mormons, des personnes très sympathiques et accueillantes.


Bridger Trail éphémère (04/01/2025)

Également connue sous le nom de Bridger Road et Bridger Immigrant Road, c'était une route reliant la piste de l'Oregon aux champs aurifères du Montana.

En 1863, à Alder Gulch, près de Virginia City, dans le Montana, on découvre de l'or, ce qui a incité les colons et les prospecteurs à trouver une piste pour se rendre de mon Wyoming au Montana. Des prospecteurs, des mineurs et des aventuriers affluèrent vers le territoire du Montana, mais le souci est que la région est contrôlée par les Amérindiens Sioux, Cheyennes et Arapahos, et ils ont intensifié leurs raids en réponse au flux de colons le long de la piste.

Il était normal, que les Amérindiens des plaines défendent leur terre, ils étaient de plus en plus envahis par les blancs.

Il faut trouver une route rapide et sûre pour rejoindre le Montana, qui est pour l'instant, contrôlée par les Amérindiens.

Dans l'année 1864, le colonel William O. Collins, commandant de Fort Laramie est préoccupé par ce problème Amérindiens. Il demande à un homme qui a l'habitude de ces chemins dangereux, de trouver et de diriger un groupe de Denver, Colorado, vers les mines à Alder Gulch à travers les montagnes Big Horn.

Cet homme c'est Jim Bridger, qui en 1859, avait déjà aidé une expédition topographique à travers la région. Il connaissait parfaitement la région du bassin de Bighorn et le chemin qu'il avait choisi pour le sentier grâce à ses 40 années d'expérience dans les montagnes Rocheuses.

Au printemps 1864, le colonel William Collins, libéra temporairement Jim Bridger de sa mission d'éclaireur afin qu'il puisse guider le premier convoi de mineurs et d'émigrants vers le nord, sur ce qui allait devenir la piste Bridger. Il respectait les frontières territoriales des Amérindiens et ne souhaitait pas soumettre les émigrants au danger des attaques.

Il y avait déjà l'Oregon Trail et Bozeman Trail qui traversaient le pays Amérindien, et Jim Bridger voulait trouver un chemin plus court. La route s'étendait sur environ 510 miles (821 km), en passant plus à l'Ouest des montagnes Bighorn sur les terres des peuples Crow et Shoshone.

Il quitta Fort Laramie le 20 mai 1864 et se dirigea vers l'Ouest en remontant la North Platte River pour un périple de 10 jours et 140 miles jusqu'au Bridger Cutoff à l'Ouest de Red Buttes, juste à l'ouest de l'actuel Casper.

Au début, l'itinéraire suivait l'Oregon Trail avant de prendre vers le Nord/Ouest, et longeait l'extrémité des Bighorn Mountains.

Le sentier traversait la rive ouest de la rivière près de l'actuelle Lucerne, dans le Wyoming, à environ 13 kilomètres au nord de Thermopolis. De là, le sentier continuait en aval vers le nord, traversant à gué les rivières Greybull et Shoshone. Le sentier s'approchait de la frontière du Montana à proximité de l'actuelle Frannie, dans le Wyoming.

Une fois dans le Montana, le sentier se dirigea vers le nord jusqu'à la Yellowstone River, puis continua en aval jusqu'aux environs de Rock Creek où le Bozeman Trail rejoignit le nouveau Bridger Trail. Le sentier continua vers l'Ouest, traversa la Gallatin River, puis se dirigea vers la Madison River et tourna vers le sud, en amont jusqu'aux mines d'or de Virginia City.

Un convoi de chariots, pouvait parcourir ce chemin plus rapide en 34 jours. Le Bridger Trail était peut être plus rapide, par rapport aux autres sentiers, mais il était beaucoup moins adapté aux convois de chariots, car les pâturages et l'eau le long de la route étaient limités.

En 1864, les Amérindiens continuaient à attaquer les voyageurs en route vers le Montana qui envahissaient ce pays. Ces attaques menées par les Sioux Lakota, les Cheyennes et les Arapahos, sont connues sous le nom de guerre de Red Cloud's War (Guerre de Red Cloud), visaient à chasser les envahisseurs blancs.

En ouvrant la nouveau Bridger Trail, Jim Bridger cherchait à tout prix à éviter ces problèmes Amérindiens. De plus son itinéraire ne reçut pas de soutien militaire et les émigrants ne l'empruntèrent que pendant une saison.

Au total, 10 convois de chariots firent le voyage au printemps et à l'été 1864, dont 2 guidés personnellement par Jim Bridger. Le plus grand et plus long convois étant composé de 129 chariots et transportant environ 400 à 450 personnes

L'année suivante, les hostilités le long de la piste Bozeman s'intensifièrent au point que le major général Grenville M. Dodge ordonna au brigadier général Patrick E. Connor de diriger la première expédition de la Powder River pour tenter de mettre fin aux raids le long de la piste. Connor choisit Bridger comme l'un de ses guides, et Bridger passa les années suivantes à guider diverses excursions militaires dans la région de la Powder River et ne conduisit plus jamais de colons le long de la piste Bridger.

Les efforts des tribus aboutirent à la fermeture de la piste Bozeman et à l'abandon de nouveaux forts dans le cadre d'un nouveau traité de Fort Laramie en 1868.

De nos jours, il reste peu de traces du Bridger Tail. Certaines traces visibles peuvent être vues dans Fremont County et  Hot Springs County.

Il reste quelques noms de colons gravés sur une falaise de grès près de Bridger Creek, et à Signature Rock entre Byron et Cowley, dans le Wyoming.


Mormon Trail (13/12/2024)

Le sentier reliant Nauvoo, dans l’Illinois, à la vallée du Grand Lac Salé, dans l'Utah, mesurait environ 1300 milles (presque 2100km) de long et conduirait finalement 70000 pionniers saints des derniers jours vers l’Ouest.

Le Mormon Trail traverse l'Iowa, le Nebraska et mon Wyoming entre 1839 et 1868. Le tracé est classé National Historic Trail depuis le 10 novembre 1978, il est géré par le National Park Service.

Depuis, dans le Wyoming, plusieurs lieux sont à visiter;

- La Stage Station de Granger, qui a été construite en 1856. Connue également sous le nom de South Bend Station et Ham’s Fork Station, mais peu importe comment vous l’appelez, c’était une destination pour à peu près tous ceux qui migraient vers l’Ouest. À proximité se trouve le vieux cimetière de Granger, un cimetière de pionniers utilisé pour la dernière fois en 1942.

- Independence Rock, le point de repère le plus célèbre des sentiers de chariots à l'Ouest de Fort Laramie. Un gros rocher classé National Historic Landmark depuis 1961 qui est à 60 miles (96 km) de Casper, ce mastodonte est un incontournable lorsque l'on visite le Wyoming.

En s'arrêtant à Independence Rock, les voyageurs mormons et autres se reposaient à l'abri du vent, protégé par le gros rocher. Il y a un petit chemin qui fait le tour à la base du monument et vous verrez des centaines de noms gravés dans la roche. 

Certains laissent un noms sculpté, comme pour immortaliser leur passage et d'autres laissent un membre de leur famille, mort sur place ou quelques temps avant d'arriver à Independence Rock. Beaucoup de sépultures sont visibles au pied du rocher que l'on découvre en faisant le tour.

- Fort Bridger, fondé par Jim Bridger, le célèbre trappeur, en 1843 comme poste de traite des fourrures. Le fort est rapidement devenu un point de ravitaillement vital pour les convois de chariots sur les pistes de l'Oregon, de Californie et des mormons et a pris de l'ampleur.

les mormons en ont pris le commandement, se qui a créé quelques tensions avec le trappeur Bridger.

- Register Cliff, un peu comme Independence Rock, les mormons et autres voyageurs s'arrêtent pour se reposer, à l'abri du rocher qui s'élève à 30 mètres au-dessus de la vallée de la North Platte River.

Là aussi, la roche calcaire tendre et crayeuse permit aux émigrants d'inscrire facilement leur nom dans la falaise avant de poursuivre leur voyage. On y trouve également quelques tombes.

Si ce rocher pouvait parler, il en raconterait des histoires.

- Fort Caspar, construit en 1859 par Louis Guinard qui construisit un poste de traite et un pont près du point où la Mormon Pioneer Company traversa la rivière North Platte en 1847.

Le Pony Express établit également une station à cet endroit.

- Ornières de Bedlam qui sont un beau tronçon d'ornières et de dépressions de l'Oregon Trail et du Mormon Trail que les visiteurs peuvent parcourir. Ce segment du sentier s'étend sur 40 acres de terres publiques non aménagées gérées conjointement par le Bureau of Land Management et le National Park Service. Les traces d'usures laissées par le passage de milliers de chariots.

- Split Rock, le rocher fendu que l'on voit à des kms et qui était un point de repère pour les voyageurs. Les émigrants l'ont vu pendant 2 jours avant de s'en sont approchés.

- Devil's Gate, un canyon de 113 mètres de profondeur, 450 mètres de long et seulement 15 mètres de large, créé par la Sweetwater River lorsqu'elle a traversé une crête de roche solide.

Bien que l'ouverture entre les roches soit trop étroite pour que les chariots puissent y passer le long de la rivière, les émigrants faisaient le tour et s'arrêtaient pour graver leurs noms.

Je ne suis pas mormon, mais les gens qui vous accueillent ici sont vraiment adorables, rarement vu des personnes aussi gentilles, sympathiques et accueillantes. L'entrée est gratuite, on vous offre des bouteilles d'eau si il fait trop chaud.

Il y a encore beaucoup dire et  découvrir, mais je vous laisse chercher un peu.


Oregon Trail (12/01/2025)

Le sentier des émigrants dans le Wyoming appelé Oregon Trail.

Les pionniers et leurs chariots entraient dans le Wyoming à l'Est en arrivant du Nebraska à la frontière ville actuelle de Torrington et sortait de l'autre côté, à l'Ouest, à environ 450 miles (soit plus de 720 kms), au niveau des frontières de l'Idaho ou de l'Utah près des villes de Cokeville et Afton.

On présume que plus de 400 000 colons ont parcouru la piste à travers le Wyoming entre le début des années 1840 jusque dans les années1870. Les trois sentiers suivent a peu près le même chemin à travers mon Wyoming, le Mormon Trail qui passe par Fort Bridger et entre dans l’Utah, et les sentiers de l’Oregon Trail et California Trail continuent plus au Nord vers l’Idaho.

En fait la route connue plus tard sous le nom de Oregon Trail était déjà régulièrement utilisée par les commerçants, les trappeurs et les explorateurs au début des années 1810.

Si on observe bien la carte, on peut voir que les émigrants suivent les rivières pour ne jamais manquer d'eau. En arrivant dans le Wyoming, ils suivent en premier la North Platte River, qui les mènes a Fort Laramie ou ils peuvent se ravitailler. Ensuite ils longent North Platte River qui fait passer le chemin proche de l'actuel Casper. 

A ce niveau il y a la North Platte River a traverser. Plusieurs ponts avaient été construit mais a chaque fois emportés par les crues dues aux inondations printanières. À l’automne 1852, un marchand de montagne expérimenté du nom de John Baptiste Richard, aidé de Joseph Bissonette, Charles Bordeaux, Louis Guinard et William Kenceleur, entreprennent la construction du premier pont qui enjambe complètement la North Platte Rivers.

Ce pont était vite connu des voyageurs suivant sous le nom simple de The Bridge ou Platte Bridge. Mais le Français John Baptiste Richard parlait avec un fort accent français, si bien que les pionniers, trappeurs, immigrants ou autres l'appelaient le Reshaw Bridge (Reshaw pour Richard). Le pont est encore visible, ou tout au moins une réplique, au Reshaw Park à Evansville.

En automne 1859, un autre pont est construit par un homme nommé Louis Guinard. Un pont beaucoup plus grand et plus solide. Le pont Guinard est quand a lui visible a Fort Caspar.

Quand il n'y a pas de pont et que la rivière est trop profonde, les voyageurs construisent un ferry (un traversier). Une sorte de radeau fait avec des troncs d'arbres ou ils faisaient grimper le chariot pour le faire traverser à sec.

Ils continuent le long de la rivière jusqu'à Red Buttes, où un coude de la rivière formait un amphithéâtre naturel dominé par des falaises rouges sur la colline au-dessus ou ils pouvaient s'arrêter pour la nuit.

Tout en faisant le chemin, ils arrivent à un point qu'ils appellent "Independence Rock". Nommé ainsi parce que les colons tentaient d'atteindre le rocher avant le 4 juillet (jour de l'indépendance aux États-Unis) afin de s'assurer qu'ils seront à destination en Californie ou en Oregon avant l'arrivée des neiges hivernales.

Ils arrivent ensuite à Dry Sandy Creek, un petit ruisseau qui est un affluent de la Little Sandy River qui se jette à son tour dans la Big Sandy River. Tout ces chemins leurs apportent de l'eau chaque jour.

Les grands arrêts pour les voyageurs étaient à Register Cliff, ou ils était a l'abri du gros rocher. Même chose pour Independence Rock ou Split Rock. Plusieurs tombes sont encore visibles à ces endroits ou des noms gravés dans la roche.

Cependant, un endroit que beaucoup aurait voulu éviter, à l'Ouest de Casper, était le Clayton’s Slough, comprenez le marécage de Clayton's. C'est William Clayton, diariste pour la première compagnie de pionniers mormons en 1847, qui décrit cet endroit comme puant, marécageux avec de l’eau alcaline.

Ses rives sont si parfaitement molles qu’un cheval ou un bœuf ne peut pas descendre sans sombrer immédiatement la tête la première dans une boue épaisse et sale. Selon certain, c’est l’un des endroits les plus horribles, marécageux et puants jamais vu.

Le nom du ruisseau est "Poison Spring Creek", ce n'est pas pour rien. Personne ne peut boire l'eau, et les immigrants devaient surveiller les animaux pour qu'ils ne s'abreuvent pas à cet endroit.

Des ruines, certainement d'un ancien pont, sont toujours visibles, mais très difficiles à trouver.

Quand les immigrants arrivent à la fin de la traversée du Wyoming, leur périple n'est pas fini et pour certains il reste des milliers de miles a faire.